Jean-Christophe Cambadélis l’a annoncé et confirmé le 6 février au soir à l’issue du conseil national de son mouvement. La prochaine université d’été du ne se déroulera pas à La Rochelle mais à Nantes, fief de l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Ce saut de puce de 150 kilomètres environ ne fera ni chaud ni froid aux lecteurs de Boulevard Voltaire. En revanche, il va faire couler beaucoup d’entre dans le Landernau de "Gôche". Pourquoi partir de La Rochelle et de ses tours historiques ? Ce déplacement est-il symbolique ou plus politique ? Si l’on en croit les cadres du PS, cette décision a été prise dans le cadre du "dépassement du PS", la nouvelle stratégie d'alliances qui vise à rassembler le plus largement possible, avec l’objectif de conserver l’Élysée en 2017. Mais quel rapport avec Nantes ou Pétaouchnock ? On a beau creuser, on ne trouve rien. David Assouline, sénateur de Paris et secrétaire national du à la Culture, évoque des problèmes de logistique, d’organisation, d’hôtellerie, de transports… Il est vrai que La Rochelle était en sursis depuis quelques années et, toujours d’après David Assouline, « Marseille a été évoquée ». Mais on voit mal le PS tenir ses dans une ville tenue par la droite.

Pour rappel, la décision d’aller à La Rochelle avait été prise peu après la déroute du PS aux de mars 1993 et l’implosion du parti. Laurent Fabius, alors premier secrétaire, avait démissionné (le 3 avril) et Michel Rocard avait été nommé président de la direction nationale provisoire du PS. Les barons du parti s’étaient écharpés pour organiser ces dans leur propre ville pour montrer leur influence. C’est Michel Crépeau, député-maire de La Rochelle, qui, proche du PS en sa qualité de membre du PRG et qui ne nourrissait plus aucune ambition, avait soufflé le nom de sa ville. Poser l’université d’été dans la préfecture de Charente-Maritime, c’était la rendre moins nomade, même si les caciques socialistes se retrouvaient, auparavant, assez souvent dans le Var.

On ne sait pas encore si François Hollande, qui suit toujours de près la vie de son parti, et Ségolène Royal ont pesé de tout leur poids dans la décision de Cambadélis. Toujours est-il que l’actuel ministre de l’Écologie (et futur garde des Sceaux) doit intérieurement jubiler. Au moins, ses adversaires attitrés, Jean-François Foutaine, maire de La Rochelle, et surtout Olivier Falorni, député de la première circonscription de Charente-Maritime, qui lui avait interdit de retrouver les bancs de l’Assemblée, ne se pavaneront-ils plus devant les caméras de à chaque université socialiste ! En plus, Hollande a l’impression de récompenser son ancien chef de gouvernement. Bref, tout le monde sera content.

Une chose est sûre : les congressistes pourront se rendre à Nantes en avion (ce qui fâchera les écolos) mais ils ne pourront pas encore atterrir à Notre-Dame-des-Landes. Ce qui les rassurera.

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6 février 2016

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