« Merci, mes amis… Nous avons un résultat au-delà de nos espérances… Il y a 1,7 million de participants, et c’est très encourageant pour le parti socialiste et pour les acteurs de la Belle Alliance Populaire. » Les acteurs… comme dans un film de série D ou E !

Le ton est poussif, voire hésitant. L’homme singe les candidats : veste noire, cravate noire. Il manque juste les chandeliers aux quatre coins de la table pour se croire au funérarium. , celui qui, toute sa vie, a rêvé d’être à la tête du parti socialiste ? commente les résultats de dimanche soir : c’est son jour de gloire, son apogée, son zénith. Sûr de lui et pas dominateur pour un sou, bien loin de l’image de satisfaction qui confirmerait son propos, il respire l’ennui, le défaitisme, l’abattement. Et encore : à l’heure où il s’exprimait, il n’était pas officiellement informé – du moins le croit-on – des turpitudes graves qui ont entaché ce vote.

Oui ! Rien n’est clair dans ce qui devrait être le plus facile : compter des bulletins de vote. Cet exercice est hors de portée du Parti socialiste qui, il faut le reconnaître, a toujours été fâché avec les chiffres. Quelle image de la France donne ce parti qui a gouverné sans partage pendant des années, maître de l’exécutif, du législatif, des régions, de la plupart des départements et des grandes villes. Quel spectacle dérisoire que ces petites combines destinées à gonfler le chiffre de la participation pour éviter la grosse claque publique. Quelle indignité que de payer des gens pour qu’ils cliquent afin de gonfler artificiellement la fréquentation du site de la primaire à gauche. 35 ou 70 centimes d’euro par clic obtenu, ainsi que le révèle BuzzFeed France. Sur le site Internet du PS, pas un mot, évidemment !

Ainsi, tout s’est mal passé ! Oh, pas du point de vue des résultats ! Quoique… Mais quand on est un « parti de gouvernement », c’est idiot de se faire prendre les doigts dans le pot de confiture, cette marmelade indigeste de trucages, de mauvaise foi, de triomphalisme bidon, d’absurdes leçons de morale à la Terre entière, touillée aux « valeurs de la République » rabâchées à tout bout de champ jusqu’à l’écœurement.

C’est donc cela, les valeurs de la République : le dopage ? Ce n’est pas BAP qu’il fallait choisir comme nom pour cette pitrerie, c’est EPO. Les dirigeants n’ont pas encore été tenus de faire pipi dans une éprouvette. Dommage ! Comme dit Brassens, « ça nous aurait fait rire un peu »

Quelle suite les socialistes vont-ils donner à ce naufrage de la moralité ? Cambadélis va-t-il démissionner comme le voudrait l’honneur ? Le parti va-t-il virer tous ces « hauts autoritaires » qui ont failli ? Quelle sera la réponse des deux candidats surnageant dans ce cloaque ? Le débat de mercredi va être passionnant.

Dans leur tract électoral, les socialistes claquent des bretelles et promettent de « donner un sens au monde ». Pas de bol : c’est un sens interdit.

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