Alors que l’on s’achemine vers la dernière année d’un quinquennat qui aura été marqué par le recul, sur tous les fronts, de la France, un texte important va occuper la une de nombreux médias. Après celui relatif à la réforme constitutionnelle, projet mort-né d’un président de la République incapable de le porter à son terme, le dispositif “renforçant la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement” va être, dans les prochaines semaines, examiné par nos parlementaires. Annoncé comme un axe important de la lutte antiterroriste voulue par le gouvernement, ce projet de loi, pourtant minimaliste s’il s’agit de protéger un pays “en guerre”, fait déjà l’objet d’attaques multiples. Mais quels sont les objectifs de cette loi ? Tout d’abord, “renforcer l’efficacité de la lutte contre la criminalité organisée, et notamment le terrorisme”. Ensuite, faciliter “le témoignage, élément clé du démantèlement [des] réseaux criminels”. Enfin, renforcer “l’enquête et les contrôles administratifs en cas de menace terroriste”. Rien de bien choquant finalement, lorsque l’on connaît, comme c’est le cas actuellement, des attaques terroristes meurtrières et de grande ampleur. Pourtant, associations, ONG, certaines personnalités politiques et certaines corporations sont, d’ores et déjà, vent debout contre ce qu’ils appellent “l’émergence d’un État policier”.

Cela a commencé, il y plusieurs semaines, avec l’organisation de manifestations contre les . Il y a eu ensuite la campagne du Défenseur des droits qui (à l’insu de son plein gré ?) posa le principe d’une raciste et xénophobe. Il y a maintenant la récupération, par les médias, des violences qui entourent malheureusement certaines manifestations. Médias qui, soit dit en passant, furent bien silencieux lorsqu’il s’agissait des participants à la Manif pour tous, brutalement interpellés et placés en garde à vue. Enfin, il y a maintenant les campagnes médiatiques d’hommes de loi, qui n’ont pas de mots assez durs pour critiquer la future “réforme pénale liberticide”. En tête de ces derniers, le bâtonnier de Paris, qui déclarait récemment : “En l’état actuel du texte, la France peut basculer dans la dictature en une semaine. Ce n’est pas acceptable.” Bien malin, en l’état actuel des choses, qui peut prétendre ce que permettra ou pas ce texte. En revanche, on a pu observer, en quelques heures, le basculement de notre pays dans l’horreur d’une guerre menée à coups de kalachnikov et d’explosifs. Une fois encore va se poser l’éternelle question : jusqu’où est-on prêt à aller pour défendre notre pays des attaques islamistes dont il a fait et fera l’objet ? Sans doute la vision d’un policier n’est-elle pas celle d’un avocat, quoi de plus normal, mais face à la menace, des mesures fortes s’imposent.

Ne donnons pas à Daech, qui a fait de l’Europe un de ses champs de bataille, l’occasion de remporter une nouvelle victoire à cause de nos divisions et de nos atermoiements.

3 avril 2016

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