propose 60 milliards d’économies et 50 milliards de en cinq ans, c’est-à-dire respectivement 12 et 10 milliards par an. Fillon veut baisser les dépenses de 100 milliards sur le mandat, soit 20 milliards par an. Sans même entrer plus avant dans le détail des programmes, ces sommes ne sont pas (et de loin) à la hauteur des enjeux.

Pour les deux candidats nommés, l’essentiel de leur programme, explicité ou pas, repose sur un principe de base : rester dans l’Union européenne et se plier aux règles communes, sachant pourtant que toute renégociation se heurtera au veto des Allemands. En corollaire, ils souhaitent baisser le budget de l’État par une diminution drastique du nombre de , transférer vers le privé tout ce qui peut l’être, alléger les contraintes de notre modèle social, etc. Finalement, c’est la continuité de Sarkozy et Hollande, et c’est totalement logique puisque tous deux sont des européistes forcenés, malgré l’enrobage dans lequel ils essaient de présenter la chose, telle la référence au patriotisme ou à de Gaulle. Il n’y a aucune raison que le système installé par les puissances financières change, les « élites » politiques et médiatiques étant complices, tant elles en tirent de bénéfice pour elles-mêmes et leurs soutiens.

Les comptes de la nation sont dans une situation déplorable, résultat de plus de quarante ans de clientélisme, de lâcheté et d’incompétence.

– Notre budget est en constant depuis Pompidou ! Cette année, pour 373 milliards de dépenses, nous espérons 300 milliards de recettes, soit un déficit de 73 milliards.
– Notre balance commerciale est à l’agonie (-46,1 milliards en 2016 et déjà 7,9 milliards (!) pour le seul mois de janvier écoulé), alors que celle de notre « partenaire » l’ Allemagne enregistre un solde positif de 252,9 milliards.
– Le paiement des intérêts de la est notre deuxième poste budgétaire : 44 milliards en 2016.

Et ces chiffres (163,1 milliards au total) se renouvellent tous les ans.

L’équation financière est simple et monstrueuse. Les sommes en jeu sont colossales et Macron comme Fillon partent à la guerre avec des pistolets à eau.

Avec 6,5 millions de personnes au ou en situation de sous-emploi et ±9 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, croire que les problèmes se régleront avec quelques mesurettes à la marge n’est pas sérieux.

C’est qui tient le bazooka.

Mais elle n’a pas voulu, cette fois, présenter un chiffrage précis pour ne pas être obligée de discuter sur trois francs six sous. Le document publié par le Front national relève davantage de la lettre d’intention. Toutefois, on en sait beaucoup, avec un regard extérieur, quant aux économies et recettes supplémentaires possibles:

– sortie de l’Union européenne : 9 milliards ;
– taxe de 3 % sur 501 milliards d’importations : 15,03 milliards ;
– baisse de 95 % du coût de l’AME : 0,95 milliard ;
– baisse de 98 % du coût du droit d’asile : 1,96 milliard ;
– moratoire sur l’immigration, estimation très basse (Jean-Paul Gourévitch) : ±10 milliards ;
– taxe sur les salariés étrangers : 2 milliards.

Nous voilà donc rendus à un total de 38,94 milliards par an, 194,7 milliards sur le mandat (le programme officiel du prévoit 198 milliards mais sans plus d’informations), avec simplement des dispositions exogènes. On sait, par ailleurs, qu’il reste d’importantes ressources à trouver dans la de la ville, des quartiers, de la formation (environ 30 milliards), du mille-feuille administratif, des fraudes diverses fiscales, sociales, y compris l’, et les dizaines de milliards qui vont avec !

Enfin, la dévaluation de notre monnaie (6-11 % face au dollar selon le consensus) permet « gratuitement » de rendre de la compétitivité à nos entreprises. Tout ce qui ne sera pas fait par l’ajustement de notre monnaie dans les programmes de ses concurrents le sera par l’austérité continuée sur les salaires, la protection sociale, les conditions de et du chômage, le droit du travail.

26 mars 2017

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