À marcher dans les pas des autres, on n’y trouve pas toujours son compte. Les LR ont-ils vraiment cru qu’ils allaient bénéficier d’une exclusivité médiatique, comme ce fut le cas en 2012 pour les primaires socialistes ? Non seulement Juppé et NKM — partisans du processus — s’engouffrent dans un piège sordide, mais en plus ils alimentent la machine à disloquer leur appareil politique ; lequel, cette fois, ne s’en remettra pas.

Favori des sondages et vieux renard du milieu, Alain Juppé refuse de se laisser distancer. « Quand on cherche à se faire élire par les voix du Front national, on risque de mener une politique inspirée des thèses du Front national », rétorque-t-il à Nicolas Sarkozy, qui lui reproche à raison de « vouloir se faire élire par les voix de gauche ». Chouchou d’un système à bout de souffle, le maire de Bordeaux tente d’obtenir l’appui des déçus de François Hollande pour remporter une consultation à l’allure de marche funeste. Ni merlot blanc ni merlot rouge, monsieur Juppé séduit sur le mode consensuel. Ses slogans et ses mots annoncent un quinquennat avec un avatar de François Hollande à la tête de l’État.

À François Fillon, qui qualifie ses réformes de « tisane », il conseille de faire « attention aux excès de vodka ». Nous ne connaissions pas son côté « Monsieur Blagounette ». Parions qu’au sein de son équipe figure un habile comique troupier prompt à rappeler le grand intérêt de l’ancien Premier ministre pour Vladimir Poutine.

Nathalie Kosciusko-Morizet, elle, drague ouvertement à « gauche ». Par certains de ses positionnements, on en vient à se demander si, au moment où elle a fait le choix d’un parti, elle n’aurait pas opté pour les bancs de « droite » qui lui apparaissaient moins encombrés et plus porteurs pour elle. Ne dit-elle pas : « Je suis le produit de la droite et de la gauche » ?

Monsieur Juppé peut-il décemment gagner les primaires LR grâce aux votes de citoyens ne se reconnaissant pas dans la plupart des valeurs prônées par son parti ? N’est-il pas en train, avec ses appels du pied, d’activer une machination pour abattre son principal rival ? Les anciens électeurs du président Hollande qui, aujourd’hui, déclarent vouloir l’aider pour barrer la route à Nicolas Sarkozy iront-ils jusqu’au bout ? Que nous réservent les primaires organisées par les socialistes (les 22 et 29 janvier 2017) et annoncées par les médias comme « le grand événement politique de début 2017 » ?

Les messages se brouillent, s’embrouillent, donnent raison à la ritournelle de Marine Le Pen. Au soir des primaires, dans les deux camps finalement pas si éloignés l’un de l’autre, personne ne sortira véritablement vainqueur de ces bordels partisans. Bons tacticiens, mais médiocres gestionnaires, les socialistes auront réussi à ramener les projecteurs sur eux quelques semaines avant la tenue du scrutin suprême. L’exercice aura rabaissé la fonction présidentielle. Le monde politique aura exposé sa face noire et rebutante, laissant un électorat encore plus dérouté !

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