Primaires : de plus en plus de télé-réalité, de moins en moins de réalité

Le second débat de la primaire de la droite et du centre vient de se tenir, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’apporte aucune satisfaction particulière.
 
Nous sommes dans un monde déconnecté de la réalité et nous continuons d’y rester, fermement maintenus par ceux qui en tirent profit.
 
Passons, d’abord, sur la minable prestation des animateurs (animatrices, devrons-nous dire, car le zozotant Michaël Darmon a réalisé une prestation falote et pâlotte). En revanche, Ruth Elkrief obtient une UV supplémentaire pour l’obtention du brevet de militantisme politique par le biais de la validation des acquis de l’expérience ; Laurence Ferrari et Apolline de Malherbe confondent toujours agressivité déstabilisante et questionnement politique…
 
On avait espéré que, peut-être, le débat allait s’élever…
 
Hélas, nous demeurons dans un jeu bien rodé de « Je-n’ai-rien-pu-faire-parce-que-j’avais-les-mains-liées-mais-maintenant-vous-allez-voir-je-suis-un-homme-neuf » avec des passes de fleuret entre oligarques qui se connaissent bien et se détestent cordialement…
 
Alain Juppé, déjà parcheminé, reste dans son rôle de sphinx : il évite les coups, montre qu’il survole la mêlée ; pas de surprise, ça fait un demi-siècle qu’il apprend son rôle… Professionnel de la télé-réalité jusqu’au bout, il veille aussi à attendre la présence des caméras avant de répondre à une policière qui l’interpelle à la sortie…
 
Il envoie surtout ses sicaires démolir ses principaux rivaux ; NKM et Lemaire, parfois Copé, n’ont eu de cesse de tacler Nicolas Sarkozy, qui leur a rappelé subsidiairement qu’ils faisaient partie de son (ses) gouvernement(s).
 
Si Nicolas Sarkozy n’a pas réalisé la prestation qu’il sait pourtant offrir, c’est sans doute parce qu’il conserve son énergie pour d’autres sujets et d’autres interventions ; ce n’était pas un débat, c’était le Conseil des ministres de l’après-mai 2012 !
 
NKM a bien montré sa véritable nature : harpie de la politique, manœuvrière de coups bas, c’est l’émotionnel qu’elle suscite et certainement pas l’intelligence… La moitié de son intervention a consisté à défendre son Grenelle ; c’est sûr que, quand un bateau coule, on est hyper-content de savoir qu’on nous y sert des menus sans gluten…
 
Copé a pris le parti de faire rire avec son pain au chocolat. Il était temps, d’ailleurs. Il a fait la différence en nous pondant un monologue contre Bayrou digne de la tirade de Phèdre ; mais sa prestation se résume peu ou prou à cela et rien d’autre.
 
Un peu de dignité et de posture d’homme d’État chez Fillon et Poisson, avec probablement un avantage pour François Fillon. Dame, c’est bien normal, la harpie de service ménageant la chèvre et un strapontin ministériel ne l’a pas égratigné. Faut penser à l’avenir !
 
Elle s’est, en revanche, lâchée sur Jean-Frédéric Poisson, qui a vaillamment tenté de lui répondre. Il est malheureux que des réponses de bon sens aient probablement échappé au téléspectateur. On retiendra, cependant, la plus pertinente : il est étonnant que, dans un monde ou l’on prône le « vivre ensemble », on soit systématiquement en train de fustiger ceux qui se tournent vers le FN (vers le PS aussi, d’ailleurs).
 
Bref, tout a été fait pour nous décevoir, y compris le débriefing des journalistes à l’issue, dont on se demande s’il n’était pas enregistré avant l’émission…
 
Les Français ne votant pas toujours dans le sens de leurs intérêts, ce n’est probablement pas ce débat qui nous prouvera que François Hollande n’est pas le meilleur candidat à sa propre succession…

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