Editoriaux - 18 janvier 2017

Primaires de la gauche : si on arrêtait le progrès pour générer de l’emploi ?

Il y a quand même eu une constatation intéressante lors du passionnant deuxième débat des primaires de la gauche : les énergies nouvelles sont plus génératrices d’emplois que le nucléaire. Je ne veux pas condamner en bloc et pour toujours les énergies nouvelles, mais si le seul argument des candidats socialistes pour nous les vendre est leur gourmandise en main-d’œuvre, c’est un peu court ! Court en raisonnement, à défaut de l’être en arrière-pensées électoralistes !

Depuis plusieurs siècles, on cherchait par tous les moyens à améliorer la productivité, c’est-à-dire à produire plus et mieux avec moins de travail. On pourrait, bien entendu, discuter sur le produire “mieux”, mais ça n’est pas le sujet. On nous explique, maintenant, qu’il faut essayer de produire moins avec plus de travail.

Si le but est de trouver du travail sans produire plus, j’ai plein d’idées. On pourrait, bien entendu, faire comme le sapeur Camember : creuser des trous, puis creuser d’autres trous pour mettre la terre des premiers trous, et ainsi de suite. Plus simplement, il suffit de faire le contraire de tout ce qu’on faisait jusqu’ici. Ne croyez pas que c’est réactionnaire, c’est la nouvelle définition du progrès !

Des décennies de travail ont fait qu’un agriculteur nourrit, aujourd’hui en France, une cinquantaine de personnes, contre deux au début du siècle dernier. Quelle catastrophique perte de main-d’œuvre !

Remplaçons les tracteurs par la traction animale, on va diminuer la pollution, créer beaucoup d’emplois chez les agriculteurs (et chez les vétérinaires), sans parler des kinés et autres ostéopathes ! Mais soyons lucides : on aura immédiatement les associations de protection des animaux sur le dos :

“Halte aux cadences infernales pour des chevaux qui n’ont rien demandé !”
“Pas d’annualisation du temps de travail au champ !”
“L’attelage n’est pas naturel pour le cheval !”
“La retraite à dix ans pour les chevaux à carrière longue.”
“Pas de travail pour les juments gestantes.”
Et j’en passe…

Alors il nous faudra manger les chevaux et revenir au travail des champs à la main. Après tout, on a fait ça pendant des siècles, et il n’y avait pratiquement pas de chômage. Mao lui-même, qui était loin d’être sot, trouvait aux travaux des champs une valeur thérapeutique pour redresser les esprits tordus. Dieu sait qu’on n’en manque pas !

Bon, on avait bien, de temps à autre, une petite famine de quelques années, mais ça remplace à la fois les régimes et les cours de gym, et ça ne touche que les plus pauvres.

Le jeûne a, d’ailleurs, un succès fou chez tous ceux qui ne manquent de rien.

Si on veut promouvoir toutes les activités nécessitant de la main-d’œuvre simplement pour occuper des gens, on peut aussi interdire les lave-linge, les lave-vaisselle et autres ustensiles fabriqués pour rendre la vie plus facile. Là, ce ne sont pas les associations de défense des animaux qu’on va avoir sur le dos !

Les Verts ont contaminé beaucoup de monde, le bon sens devient une denrée rare.

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