Souvent, dans ces pages, je vous fais part des questionnements existentiels qui m’assaillent et, parmi toutes ces questions, il y en a une qui me taraude chaque jour davantage : comment l’espèce humaine a-t-elle pu survivre jusqu’ici ? Question subsidiaire : comment les quelques milliards d’individus qui grouillent sur cette planète sans le secours maternel d’un État socialiste sont-ils encore vivants ?

George Orwell, dans son roman d’anticipation 1984, avait prédit l’avènement de Big Brother. Trente-trois ans après cette année fatidique, c’est Big Mother qui règne sur la France. Une nounou gnangnan qui nous bombarde à longueur de journée de messages d’alerte :

– il fait froid, pensez à vous couvrir ;
– il fait chaud, pensez à vous hydrater ;
– il pleut : attention à ne pas glisser ;
– il neige : restez chez vous ;
– il vente : éloignez-vous des arbres ;
– la grippe rôde : toussez dans votre manche, jetez vos mouchoirs en papier, portez un , lavez-vous les mains et ne parlez pas aux vieux ;
– mangez 5 fruits et légumes par jour ;
– buvez avec modération ;
– ne fumez pas ;
– faites bien tester votre caca ;
– palpez-vous les seins sous la douche ;
– roulez doucement ;
– etc.

Désormais, terrorisés par l’État bienveillant, les parents n’osent plus laisser leurs gamins faire deux pas. Entre les loups qui sont entrés dans (les unes de la semaine passée) et les pédophiles qui bavent au coin de la rue, c’est l’embouteillage à la sortie des écoles. Et si pas d’auto, la poussette et la tototte dans la bouche jusqu’au CP. Et quand les chers bambins en sortent pour faire dix mètres sur leur trottinette en plastique, c’est équipés comme des cosmonautes !

Mais dans sa lutte acharnée contre les dangers qui nous guettent, Big Mother vient de se faire rappeler à l’ordre. La réprimande est venue hier soir du côté des Verts, lors du dernier débat des primaires. C’est François Henri Goullet de Rugy, dit , qui a rappelé le gouvernement à l’ordre. D’abord, l’euthanasie : le Président normal avait « promis de nouveaux droits, de nouvelles libertés, et parmi ceux-ci la liberté de choisir sa fin de vie ». À l’en croire, c’est d’ailleurs Hollande lui-même qui aurait empêché la majorité de mettre en œuvre ses promesses.

Et puis François de Rugy nous a fait part de son souhait d’instaurer un congé parental, “avant la naissance”. Peut-être a-t-il été lui-même dépassé par sa propre famille, car le très lisse député Vert l’assure, il faut à chacun “un temps de formation car être parent, ça s’apprend”. “On ne peut pas croire qu’être parent, c’est simplement quelque chose qui se transmet de génération en génération”, enchaîne-t-il. “À une époque, on parlait d’ailleurs d’une école des parents et dans cette école des parents, je pense qu’il doit y avoir une formation au partage des tâches” – formation dispensée par Big Father, sans doute – car le temps que les mères consacrent à leurs enfants est un frein à “l’égalité dans les entreprises”.

Je ne voudrais pas être mesquine, mais lisant le tweet envoyé aussitôt par Emmanuelle Bouchaud, vice-présidente du conseil régional de Charentes et compagne du monsieur en question, je me demande s’il n’y aurait pas de l’eau dans la gazinière du ménage. À 22 h 37 : “égalité femme homme FDR “qu’il n’y ait pas que la maman qui s’occupe des enfants” 100 % OK on commence quand ?”

Après le stage, peut-être ?

Enfin, on dira à monsieur de Rugy qu’il joue petit bras. La formation à la paternité par l’apprentissage du coup de balai et du changement de couches, c’est bien, mais c’est un peu juste. La réduction pour les femmes de la grossesse à 6 mois puis à 4 me semblerait un bon objectif avant, enfin, de pouvoir partager la gestation avec les hommes. Comme il paraît que le sexe n’est qu’une construction sociale, ça ne devrait pas être trop difficile à obtenir !

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