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Editoriaux - Musique - Politique - Presse - Table - 8 octobre 2016

Primaires à EELV ? Boxon à tous les étages !

Voici venir l’événement qui devrait tenir les Français en haleine : la primaire d’Europe Écologie Les Verts, censée avoir lieu du 19 octobre au 7 novembre prochains. Suspense… À côté, le Psychose d’Alfred Hitchcock aura tout d’un reportage de France 3 Picardie consacré aux courses de moules arbitrées par les phoques assoupis de la baie de Somme.

En lice ? Cécile Duflot, Yannick Jadot, Michèle Rivasi et Karima Delli. Un combat de titans, en quelque sorte. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’un sondage publié par BFM TV indique que seuls 12 % des Français jugent “tout à fait utile” la présence d’un candidat ou d’une candidate écologiste à l’élection présidentielle qui s’annonce. Et le même sondage de nous assurer que la majeure partie du peuple français, ici auscultée, estime que cette candidature puisse être “tout à fait” ou “plutôt” inutile.

Parfaite et idoine occasion de rappeler que l’actuelle écologie politique demeure incapable de sortir de cette problématique de la quadrature d’un cercle triangulaire consistant à comprendre pourquoi ces gens nous parlent de tout, hormis d’écologie ? Nos Verts ? Une sorte d’usine à gaz consistant à recycler les déchets de l’extrême gauche du siècle dernier ? D’un parti professant une idéologie « basiste » ne ménageant pas sa sueur à couper toute tête susceptible de dépasser du troupeau ? Et obligeant leurs maigres hordes de militants à naviguer au doigt mouillé, à âprement négocier tel ou tel poste d’édile de province, toujours promis au siège éjectable et à négocier des maroquins de circonstance dans des gouvernements moyennement durables.

Autrefois, René Dumont, premier candidat écologiste à l’élection présidentielle, en 1974, se distinguait au moins par un programme… écologique. Il parlait de cette eau en voie de raréfaction et destinée à devenir l’or bleu de l’actuel millénaire. La même année, le Front national rendait public un programme écologique exposant une vision qui, en la matière, allait au-delà des préoccupations circonstancielles de nos actuels fumeurs de joints hédonistes ; ambiance “teuf” jusqu’à la fin de la nuit, musique techno fabriquée à la presse hydraulique et autres jolies pilules multicolores avant gueule de bois finale. Marine Le Pen a bien retenu la leçon, elle dont le parti qu’elle préside a au moins la décence de promouvoir un programme écologique digne de ce nom.

Aujourd’hui, l’écologie politique est ainsi revenue à son camp d’origine, celui de la tradition, lequel campe bien évidemment bien au-dessus de la droite et de la gauche. La décroissance de la vieille gauche d’un Serge Latouche, dont les idéaux de frugalité joyeuse sont régulièrement relayés par la revue Éléments, issue de la Nouvelle Droite, ou cet autre périodique, Limite, issu, lui, d’un catholicisme traditionnel de conviction n’hésitant pas à tendre la main à d’autres conservateurs de l’autre rive – les musulmans, pour ne citer que ce seul exemple -, attachés qu’ils sont à des valeurs aussi ancestrales que de civilisation.

Indubitablement, il y a là force d’avenir, force sûrement plus féconde et prometteuse que les vieilles lunes d’un parti en voie de décomposition, formation fantasque comptant désormais plus d’élus que d’électeurs.

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