Quelle connerie, cette primaire pour la désignation d’un candidat unique de la droite et du centre, sans l’UDI ni le MoDem ! Par crainte de devenir « has been », l’UMP (aujourd’hui Les Républicains) a inscrit le procédé dans ses statuts. Sur les quatorze candidats déclarés, combien, finalement, réussiront à obtenir les parrainages indispensables ? La moitié ? Hier encore, l’équipe d’Hervé Mariton parcourait les listings militants en quête d’une âme charitable. Nathalie Kosciusko-Morizet indiquait ramer. Et Nadine ?

Copiant la gauche en son temps, les concurrents s’activent et s’invectivent avec plus ou moins de tact dans l’espoir de marquer des points. Les petites phrases mesquines et assassines alimentent ainsi les discours à quelques jours de la clôture des candidatures. Je doute que le niveau ne s’élève dans les semaines qui viennent.

François Fillon, qui avait déjà montré un profil de roquet lors de son duel avec Jean-François Copé, se révèle perfide au jeu de la salve verbale la plus acide. Ses dernières charges à l’encontre de Nicolas Sarkozy ont fortement déplu à son ami Gérard Larcher, le président du Sénat et membre de la commission pour un bon déroulement des primaires, qui a cru nécessaire de lui rappeler sa « conception de la démocratie et du débat ». Mais peut-être monsieur Fillon a-t-il voulu prouver à ses sympathisants qu’il restait dans la course ? Ce dernier piétine avec seulement 9 % d’intentions de vote.

Les deux challengers, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, quant à eux, sans pour autant se ménager, se montrent habiles dans l’art de manier la réplique ; surement une capacité d’homme d’État. Leurs échanges à distance fleuris de propos démagogiques auront permis aux indécis de les distinguer clairement l’un de l’autre. Ils représentent ce qui tourmentait hier l’UMP, aujourd’hui Les Républicains. D’un côté, des partisans du consensus, détenteurs d’idées qui calent en chemin — certains diront les anciens UDF —, de l’autre, une « droite dure », fonceuse et pragmatique, un poil trop libérale, constituent deux conceptions qui cohabitent au détriment l’une de l’autre. L’une empêche l’autre d’avancer, ce qui provoqua entre autres le drame du quinquennat Sarkozy et qui réitérera. L’une s’oppose à l’autre, ce qui pourrait au lendemain des primaires entraîner l’éclatement des LR.

Ce type de consultation citoyenne qui embrouille le jugement de l’électeur et déstabilise le débat démocratique pour l’élection du chef de l’État a produit, en 2012, le plus mauvais président de la Ve République. François Hollande, principale cible à l’époque des invectives des participants, jusqu’à son fameux discours du Bourget où tous se rangèrent derrière lui, gravira les marches de l’Élysée. Le compassionnel l’emporta sur le réel, l’anti-sarkozyste sur la capacité à occuper la fonction suprême.

« À tous les niveaux de la République se trouvent des élus retenus pour leur habileté à séduire et non pour leurs aptitudes à gouverner. » La France va-t-elle encore longtemps être la victime de batailles entre des prétendants au trône qui font passer leur intérêt propre avant celui de la nation ?

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