Editoriaux - Histoire - Livres - Médias - Politique - Table - 28 novembre 2016

Primaire : le combat des chefs est fini et c’est l’arbitre qui a gagné !

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Enfin ! Nous voici sortis du feuilleton qui s’est passé comme il le fallait et d’une manière imprévue. Noël avant l’heure et un sauveur nous est né ! Juppé peut partir direct au musée Grévin.

La semaine passée a vu des coups de griffe par médias interposés et un débat dont on a dit qu’il était de bonne tenue. On a eu l’impression que c’était l’affrontement entre une fraise Tagada et un Chamallow ; avantage à la fraise qui semble plus solide, mais après mastication, on se rend compte qu’on y trouve les mêmes émulsifiants que dans le Chamallow.

Tout avait été prévu pour que le duel entre Sarkozy – le fils prodigue, à défaut d’être prodige – et Juppé – le fils préféré – finisse à l’avantage de ce dernier. Fillon a été accepté parce qu’avec sa tronche d’éternel second, il ne troublerait pas le déroulement de l’affaire.

Le saupoudrage des autres a été décidé pour ne pas mettre nos premiers de la classe en péril. NKM a été la caution féminine — on aurait pu varier un peu en mettant Nabilla : elle n’aurait pas déparé et aurait probablement fait un meilleur score. On en aurait donc déduit qu’en politique, le silicone est parfois plus efficace que la matière grise. Bruno Le Maire a été l’arlequin triste qui a donné l’impression qu’il était né déjà vieux ; Copé prouvait qu’on pardonne à ceux qui piquent dans la caisse et le seul trublion qui venait perturber le tableau de famille était Jean-Frédéric Poisson.

Les électeurs avaient le choix entre pas grand-chose et c’est le troisième larron qui a tiré les bénéfices de cette pantalonnade, en regardant de manière éhontée par-dessus l’épaule de Poisson pour le paraphraser quasiment dans la dernière ligne droite et effectuer un véritable hold-up sur son électorat, qui est tombé dans le panneau en lui assurant une confortable avance.

Nous avons, enfin, trouvé l’homme providentiel qu’il nous fallait, Bruce Willis de l’économie, Schwarzenegger de la diplomatie, Stallone du marché du travail. Il a fallu trente ans pour réaliser que le gars qui a été de toutes les compromissions, de tous les renoncements, de toutes les trahisons est le sauveur incarné qui va nous sortir de l’impasse en deux ans. On espère qu’il a un truc pour les ongles incarnés, les mauvaises odeurs et les belles-mères…

Après tout, les hommes providentiels, il y en a plein les livres d’histoire, enfin… ceux d’avant Najat. Philippe Pétain était encore un colonel en fin de carrière en juillet 1914, deux ans avant la bataille de Verdun qui lui a valu son bâton de maréchal ; Charles de Gaulle un simple général de brigade à titre temporaire en juin 1940, plutôt mal noté par ses supérieurs ; et Philippe de Hauteclocque était capitaine quatre ans avant de devenir général de division…

Nous sortons seulement de la primaire ; l’électorat va se réjouir d’avoir éradiqué Juppé et Sarkozy, oubliant que nous tombons de Charybde en Scylla et que Fillon n’est pas forcément un cadeau…

Lundi, c’est pas ravioli, c’est gueule de bois ! La Marine veille en laissant Philippot papillonner et vibrionner, mais bientôt elle le ramènera à la maison et à la raison, et le candidat du Parti socialiste va avoir affaire à un boulevard face au candidat nauséabond de l’obscurantisme qu’est désormais monsieur Fillon, selon les habituels chroniqueurs de la bien-pensance…

Les hommes providentiels apparaissent par les événements, pas par les suffrages.

Monsieur Fillon, la roche Tarpéienne est près du Capitole…

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