Quelles que soient ses affinités politiques, chacun est directement ou indirectement concerné par la primaire de la droite. Ses résultats peuvent, en effet, changer la donne pour l’élection présidentielle.

D’après un sondage Odoxa publié le 11 novembre, François Fillon enregistre une forte poussée dans cette course. À la question “Pour quel candidat y aurait-il le plus de chances que vous votiez au premier tour le 20 novembre ?”, 36 % choisissent Alain Juppé (-7), tandis que 26 % préfèrent (=) et 20 % (+9) François Fillon.

Certes, il faut se méfier des auprès d’un électorat difficile à cerner – la récente élection de Donald en est la meilleure preuve. Mais, en quelques semaines, François Fillon a doublé son score : si le phénomène s’accélère dans ces derniers jours de et après le débat du jeudi 17 novembre, il pourrait bien créer la surprise et s’inviter au second tour, déjouant tous les pronostics.

Outre une campagne dynamique sur le terrain et sur les réseaux sociaux, François Fillon se distingue, semble-t-il, par son programme et son tempérament : on peut contester le caractère trop libéral des mesures qu’il propose, mais ses concurrents sont, peu ou prou, sur la même ligne, à l’exception de Jean-Frédéric Poisson. En outre, il paraît moins opportuniste, ce qui se traduit par une constance dans ses prises de position, le choix d’une délibérément de droite, loin des grands écarts d’Alain Juppé ou des tergiversations de Nicolas Sarkozy.

Il manifeste son refus de la pensée unique, plus par conviction que par calcul. Il veut porter un regard lucide sur l’islamisme : son ouvrage Vaincre le totalitarisme islamique, vendu à plus de 50.000 exemplaires, se présente comme une rupture avec le politiquement correct. Sans doute a-t-il été Premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant cinq ans ; mais il en assume la responsabilité, tout en reconnaissant ses erreurs, et tient compte des changements intervenus dans la conjoncture nationale et internationale.

Enfin, il a un atout que ne possèdent pas les deux autres : sa position à l’égard de la filiation. Il n’est pas certain que le ralliement de Sens commun à sa candidature lui apporte beaucoup de voix. Mais une partie des centaines de milliers de sympathisants de La Manif pour tous pourrait bien voter pour lui. À moins qu’ils ne préfèrent un candidat qui n’a pas la faveur des , Jean-Frédéric Poisson, en hausse lui aussi dans les sondages : s’il n’a guère de chance de se placer dans le peloton de tête, un bon score lui permettrait d’exercer une influence non négligeable sur le second tour.

Quoi qu’il en soit, tout ne sera pas fini le soir du 20 novembre : il sera intéressant d’étudier les positions qu’adopteront les candidats évincés : soutien à l’un des vainqueurs, laissée aux électeurs, marchandages ? Leur comportement permettra de mesurer leur degré de sincérité, leur fidélité aux conceptions qu’ils défendent.

Quant au second tour, son résultat intéressera au premier chef deux personnalités : , le « Robin des bois du Béarn », comme le surnomment certains, qui se présentera en cas de défaite du maire de Bordeaux et pourrait nuire, ainsi, à la présence d’un candidat de droite lors du duel final, et Marine Le Pen, qui aura plus de visibilité sur son adversaire potentiel, au second tour de l’élection présidentielle.

13 novembre 2016

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