Le ministre de la Culture et de la Communication doit octroyer des aides à des hebdomadaires qui actuellement en sont privés. Parmi ceux-ci, Minute et Valeurs actuelles.

Pour s’éviter d’avoir à subventionner une presse libre et vigoureusement opposante, le ministre a décidé que seraient exclues de cette manne les publications ayant été sanctionnées pour incitation à la haine raciale. Coup de chance, Minute et Valeurs actuelles seront donc pénalisés!

Si ce que Fleur Pellerin a annoncé le 2 novembre se confirme, ce sera une honte pour notre démocratie. Et pour la liberté d’expression. Modestement, je sonne mon petit tocsin parce que je suis persuadé que le sort de Minute laissera indifférent à peu près tout le monde et que celui de Valeurs actuelles, derrière l’affichage pluraliste, réjouira secrètement ses concurrents agacés par son succès.

Je crains que le ministre ne soit sérieux et déterminé. Au mois de mai dernier, il avait déjà envisagé de priver des crédits de l’État la presse récréative, les magazines people. Faut-il se venger de ces trublions indélicats qui ont eu le front de nous présenter notre Président rue du Cirque, dans une action et une posture qui n’honoraient pas la République qui l’avait élu ?

Fleur Pellerin, personnalité intelligente même si elle n’a pas toujours l’art de montrer sa culture, est-elle à ce point imprudente, partiale, aveuglée et dénuée de sens politique pour ne pas comprendre que ce qu’elle projette est scandaleux ?

Je sais bien qu’elle sera approuvée par une minorité applaudissant la seule rigueur, l’unique fermeté dont ce pouvoir est capable : contre le racisme et l’antisémitisme. Mais qui pourrait soutenir de bonne foi que les inévitables aléas de la jurisprudence en matière de droit de la presse, de liberté d’expression et de constat sociologique offrent un terreau sûr à un tel dispositif d’exclusion ?

Yves de Kerdrel a été condamné pour une couverture qualifiée de provocation à la haine raciale mais Nicolas Bedos a été relaxé pour une insulte grave à l’encontre de Marine Le Pen, proférée à la télévision.

Que le gouvernement ait le courage de ses détestations et qu’avec ce totalitarisme quiet et perfide qui le caractérise il aille au bout, sans fard, de cette entreprise d’élimination ! Ce serait plus franc, ce serait moins hypocrite.

[…] Comment Fleur Pellerin ose-t-elle jeter un pavé aussi scandaleux dans la mare quand, à l’évidence, la légitimité et la fiabilité du pouvoir au nom duquel elle intervient sont si largement obérées ? Pour l’essentiel comme pour le plus anecdotique mais cependant signifiant.

Ainsi ce dernier épisode concernant l’une de ses collègues, l’aimable ministre du Travail incapable d’indiquer le nombre de renouvellements possibles pour un CDD et qui, à l’issue de l’émission (BFM TV, RMC), avoue à une amie que “ça a merdé, ça a merdé”. Certes ! Et ce constat lucide de sa part n’a rien à voir avec le fait qu’elle est “femme, beur et jeune” comme elle l’a souligné. Mais sans doute avec l’évidence que les ministres sont souvent choisis en dépit du bon sens au point qu’on a le droit de s’interroger : l’aptitude professionnelle pour une fonction n’est-elle pas un handicap dans ce gouvernement ?

Dans un tel contexte, le ministre de la Culture devrait très vite renoncer à sa déplorable envie et au prétexte de la provocation à la haine raciale ne pas préjudicier, dans le champ du débat public et médiatique, à ceux, personnes et hebdomadaires, dont elle se passerait volontiers, et le pouvoir avec elle.

S’il ne se retenait pas, il serait coupable de provocation à la haine socialiste.

Extrait de : Provocation à la haine socialiste ?

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