La phrase d’accroche de la campagne de Benoît Hamon résume parfaitement le programme de ce candidat ouvertement socialiste : “Mon projet pour faire battre le cœur de la France.” Mais attention ! Il faut avoir choisi l’option “novlangue”, première langue vivante, pour bien en saisir les enjeux !

Ainsi, il s’agit d’un programme égoïste et narcissique à la manière d’un “Moi, Président” hollandesque (“mon projet”) en vue d’une campagne agressive et non pas constructive, car ne s’agit-il pas, in fine, de “faire battre” le Front national, en maquillant cette intention sous des aspects humains : mais, selon les critères de M. Hamon, ce qui est appelé “le cœur de la France” se nomme en réalité “communautarisme” (LGBT, incitation à l’immigration, éclatement familial). “Les saturnales de la folie” (George Sand, Lettre à Gustave Flaubert du 22 avril 1871) reprennent avec force chez nos communards contemporains.

Ainsi, ce que M. Hamon nomme “la fuite en avant identitaire”, dans son texte introductif, se nommait “ culturelle” sous Alexandre Le Grand, Octave Auguste, Charlemagne, François Ier, Henri IV, Louis XIV, Napoléon Bonaparte ou encore Charles de Gaulle… Sont-ce pour autant des périodes de l’histoire de l’humanité que l’on peut qualifier du vocable d’« obscurantisme » et de “repli sur soi” ? Quant au programme éducatif, outre qu’il est dilué dans une sorte de chapitre – l’organisation du programme, pour aérée qu’elle soit, manque toutefois cruellement de clarté dans les objectifs, flou artistique qui se traduit d’ailleurs par l’absence gênante de sommaire – intitulé “Pour une république bienveillante et humaniste”

En résumé, IVG à tout va, avec augmentation du nombre de Plannings familiaux pudiquement appelés “centres de planification familiale” – où se trouve, ici, la “dignité” humaine lorsqu’on incite les mères à ne pas accoucher de leur enfant ? –, et “instruction obligatoire dès l’âge de 3 ans” avec un “droit à la scolarisation dès l’âge de 2 ans” pour une partie de la population, mais sans doute en vue d’élargir à termes les catégories concernées : les enfants ne peuvent-ils tout simplement pas avoir le droit de grandir en paix auprès de leurs parents légitimes et non de ceux que l’État aura désignés pour eux ?

Par ailleurs, M. Hamon semble vouloir augmenter les raisons d’émigrer en obligeant les à accueillir “25 % d’étudiants internationaux supplémentaires” et en ajoutant : “Je soutiendrai l’asile scientifique et universitaire en France pour les chercheurs et étudiants en danger.” Cette mesure n’incitera-t-elle pas davantage les étrangers à migrer en France ? Quant aux quelques points positifs que l’on pourrait déceler dans ce programme esquissé – développement de l’accès et des aides aux handicapés, revalorisation des salaires, des lycées professionnels –, on reste sur sa faim car l’on ne trouve pas d’objectifs clairs ou précis, pas de chiffres, pas de réelles mesures concrètes : les promesses n’engagent que ceux qui s’y laissent prendre… Pour résumer, ce programme éducatif porte des marqueurs forts et sinistres auprès de la frange dextre, mais des promesses peut-être creuses voire irréalisables dans une société européenne actuellement étouffante, mais que M. Hamon souhaite conserver et renforcer, pour la frange senestre de notre population.

18 mars 2017

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