Présidentielle : les banques françaises ferment toujours leurs portes au RN
Les Français pourront-ils choisir leur Président sans demander, d'abord, l'autorisation de leur banquier ? La question peut sembler provocatrice. Elle est pourtant devenue singulièrement concrète. Jordan Bardella a assuré sur BFM TV, ce samedi 29 août, qu'« aucune banque française n'a répondu favorablement », à ce stade, aux demandes de prêt du Rassemblement national pour financer sa campagne présidentielle.
Présidentielle 2027: "Aucune banque française" ne veut financer la campagne, déclare Jordan Bardella, président du RN pic.twitter.com/yS7hOO0BEo
— BFM (@BFMTV) August 29, 2026
À ce sujet — La rentrée au canon de Bardella, qui se pose en futur Premier ministre de Marine Le Pen
Une situation que Sébastien Chenu, vice-président du RN, juge, lui aussi, difficilement acceptable. Sur LCI, le député RN a directement interpellé les établissements bancaires : « Ceci n'est pas raisonnable [...] Faites cet effort de démocratie. » Pour Julien Odoul, député et porte-parole du RN, interrogé par Boulevard Voltaire, les mots sont encore plus directs. « C'est toujours une anomalie et un scandale que, dans une grande démocratie comme la nôtre, le premier parti de France [...] ait des difficultés à trouver des prêts auprès des banques. Ça ne devrait pas être possible. »
Il ne s'agit ni d'un candidat inconnu ni d'une formation marginale. Le Rassemblement national est aujourd'hui l'une des principales forces politiques françaises. Pourtant, selon son président, pas une banque française n'a encore accepté de financer sa campagne.
Et après, on s'étonne des financements étrangers...
L'affaire est d'autant plus embarrassante qu'elle renvoie à un précédent dont le RN a longtemps payé le prix politique. Faute d'avoir trouvé des financements en France, le parti s'est déjà tourné vers l'étranger, notamment vers des banques russes puis hongroises. Ces emprunts ont ensuite alimenté les accusations d'ingérence et les interrogations sur l'influence étrangère. Mais la situation a changé : pour la présidentielle de 2027, les candidats ne peuvent plus recourir à des prêts bancaires provenant d'établissements situés hors de l'Union européenne et de l'Espace économique européen.
Lorsqu'un parti français ne trouve pas de financement auprès des banques de son propre pays, vers qui est-il censé se tourner ? On ferme les portes en France et l'on s'indigne, ensuite, que les candidats cherchent des fenêtres ailleurs.
Le véritable risque : perdre des clients ?
Une campagne présidentielle représente évidemment un engagement financier particulier. Les montants sont élevés et les banques prennent un risque, en cas d'invalidation des comptes de campagne. Mais est-ce réellement le problème du RN ? Julien Odoul en doute. « En termes de garantie, il n'y a pas mieux que le RN », assure-t-il à BV, estimant que les résultats électoraux du mouvement offrent aux établissements financiers des garanties suffisantes.
Un autre risque semble surtout préoccuper certaines banques : celui de leur image. Selon les informations du Monde, certaines banques redouteraient de perdre entre 2 et 5 % de leur clientèle si elles accordaient un prêt au Rassemblement national. L'argument fait bondir Julien Odoul : « C'est totalement idiot. Sur quoi ils se basent ? Parmi leurs clients, ils ont des électeurs du RN, puisqu'il y a un électeur sur trois qui vote RN. C'est un argument qui est de très mauvaise foi. »
Le paradoxe est saisissant. Un parti peut convaincre des millions d'électeurs et espérer conquérir l'Élysée tout en étant considéré comme suffisamment infréquentable pour faire fuir les clients d'une banque.
L'État appelé à la rescousse
Face à cette impasse, plusieurs solutions sont envisagées, dont celle d'un pool bancaire permettant à plusieurs établissements de partager le risque, voire une intervention publique avec la Banque de la démocratie dont l’idée circule depuis de nombreuses années. Interrogée par BV, la Fédération bancaire française reconnaît elle-même la spécificité de l'élection présidentielle. Les montants engagés sont importants et les risques réels. Mais la FBF va plus loin : considérant que cette élection relève de « l'intérêt général », elle estime qu'il appartient à l'État « d'étudier la mise en œuvre de solutions publiques particulières et propres à cette élection ». Sur l'idée d'un pool bancaire, la Fédération refuse toutefois de se prononcer, invoquant le cadre concurrentiel.
Le constat est donc connu et les solutions sont sur la table. Pourtant, le RN cherche toujours un financement. Julien Odoul y voit davantage qu'une simple difficulté bancaire : « Pour eux, cela reste un moyen de pression, un handicap pour le RN », estime-t-il.
Voilà le scandale. Le Rassemblement national peut gagner des élections, envoyer des députés à l'Assemblée nationale et, demain, conquérir l'Élysée. Mais pour mener sa campagne présidentielle, il doit encore trouver une banque française disposée à lui faire confiance. Les Français auront le dernier mot dans les urnes. Encore faudrait-il que les banques leur laissent réellement tous les candidats parmi lesquels choisir.
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145 commentaires
Et si le RN emprunte auprés d’un autre pays pour sa campagne, on va l accuser de connivence avec l étranger .
Je n avais pas pensé au cas d’invalidation des comptes de campagne. Après une pression sur les banquiers, sur les cinq cents signatures, après des attaques sur la vie privée des impétrants et des arguties judiciaires savamment orchestrées, bien évidemment nous aurons droit à ce coup bas. Quant aux intimidations diverses et variées de l’extrême gauche, autant ne pas les évoquer.
Il me semble que Lecornu a fait une proposition de façon à ce que tous les partis politiques puissent avoir accès à un financement pour leur campagne.
ET SI Monsieur Bernard ARNAULD faisait un don comme dans la même optique que « POUR » la reconstruction de la cathédrale NOTRE DAME ? ! …
Permettre au RN d’arriver « au Pouvoir » c’est comme « Sauver la FRANCE » ! …
Oh la bonne idée. Contribution déductible j’espère mais surtout masquée. Marine stipendiée par le grand capital. Vous voyez le boulevard pour LFI ? Cela dit j’admire votre foi. Sauver la France certes mais avec qui, comment ? Pour l’instant, vu l’absence de programme – claironner des intentions bien calibrées pour ne choquer personne ne remplace pas, beaucoup de non croyants sont en droit de se le demander. A noter en parallèle le flot de critiques contre Retailleau qui a DIT ce qu’il ferait pour l’école.
La preuve est ainsi faite que la France n’est pas gouvernée par la bande à Macron, mais par leurs financeurs. CQFD.
Plutôt par les deux – ainsi que d’autres lobbies.
Être extrême centre gauche pour des banques soi-disant capitalistes, ça la fout mal.
Mais donnez nous les noms des banques qui refusent, et ce ne sont pas 2 à 5% des clients qu’elles vont perdre, puisque le RN est à plus de 30% ! Le boycott marche dans les deux sens…
Toutes les banques françaises, ça veut dire ce que ça veut dire , où voulez aller ?
Je suis d’accord !
les banques françaises nous cacheraient-elles des casseroles inavouables ? on n’ose y croire !
MONDIALISME ET MONDIALISATION
Après avoir adoré le drapeau français le moment idéologique est à sa détestation. Détruire l’identité des peuples est l’objectif d’une « élite » occidentale qui veut construire une société mondiale, mélangiste, soumise à ses diktats totalitaires : « Le Meilleur des Mondes ». L’Occident est dominé par une ligue : celle des Grands Marchands et leur Profit, dont les banques sont les plus éminents représentants et des Idéologues Mondialistes. Heureusement pour résister à cette entreprise il existe les BRICS, qui disent oui à la mondialisation économique et non au mondialisme idéologique.
Pas de honte à avoir : faut demander aux Russes….
Bien d’accord! Et en contrepartie engagement de refus de cautionner les sanctions,arrêt des subventions ukrainiennes..et réouverture du gazoduc avec notre pays en cas d »election du RN..que mlp declare ça clair et ferme…
..
Les banques qui prêteront au RN verront les clients affluer…
Fort possible…
Si ma banque refuse le prêt au RN, je m’enlève.
Il est vrai qu’avec les cartes d’adhésion somptueuses, proposées pour le congrès d’Orléans dont celle avec une cavalière dorée, le RN atteint presque les 200.000 adhérents. Mais à 30, 50 voire 100 € selon les adhésions proposées, le RN ne peut pas avancer les 50 millions nécessaires à une campagne. D’autant que les fonds des adhérents servent au fonctionnement , pas à une campagne, laquelle fait l’objet d’un « encadrement » strict.
N.Sarkozy , condamné sur présomptions, et qui n’a pas empoché un seul centime de Kadafi, en sait quelque chose.
En exigeant des banques le refus de financer la campagne du RN, la macronie LR-PS oblige le RN à se tourner vers l’étranger. Ensuite, ils pourront claironner que Mme Lepen est l’amie des Russes, des javanais ou des aborigènes, selon la banque qui acceptera de consentir un prêt.
Les outils éculés de propagande et de malveillance, ça marchera jusqu’à quand?
Peut-être la Suisse ?
50 millions pour une campagne? C’est une cavalière grandeur nature en or massif la carte du RN! Et alors les 100 millions que Sarko n’a » pas touché » c’etait pour acheter les voix a 1000 balles pièce?
Si tous les électeurs potentiels du RN menaçaient de voter LFI en cas d’empêchement du RN a cause du refus de prêt par leur banque, croyez moi la panique totale des banquiers leur ferait vite revoir leur position. Ils redoutent infiniment plus LFI que le RN, c’est certain.
Scandaleux !!!! Les banques oublient que le R.N a plus 13 millions d’électeurs , et qu’il en aura beaucoup plus à l’élection « présidentielle » !!!!! Donc , qu’ils réfléchissent !
Les banques tremblent devant la probable élection du RN… rira bien qui rira le dernier…. Le RN « s’en occupera ».. mais dirigeants des banques Françaises ont ds vestes faciles à retoruner…