Editoriaux - Politique - 5 mai 2015

Présidentielle 2017 : Manuel Valls s’y voit déjà !

Il n’y a donc pas qu’au Front national que ça twiste : au Parti socialiste, ça tangue un peu aussi. Ainsi, dans Le Parisien de ce mardi, ce sondage qui évoque une hypothèse voulant que l’actuel Premier ministre puisse griller la politesse à son président, lors de l’élection présidentielle de 2017.

« Il n’y a pas photo : pour les Français, comme pour les sympathisants de gauche, est un bien meilleur candidat que… François Hollande », nous dit ce quotidien. Là où il n’y a pas photo non plus, c’est « qu’à 70 % », lesdits Français préféreraient que l’ombrageux hidalgo porte les couleurs de la gauche, plutôt que l’homme au nom de fromage à pâte molle.

Si l’on creuse plus avant les chiffres du sondage en question, on apprend encore qu’en cas de second tour à cette fameuse échéance, Manuel Valls battrait Marine Le Pen (55 % contre 45 %), qu’il serait battu par Nicolas Sarkozy (48 % contre 52 %), et que Nicolas Sarkozy triompherait de Marine Le Pen (59 % contre 41 %). En revanche, François Hollande devrait s’incliner devant Marine Le Pen (48 % contre 52 %).

Bien sûr, Manuel Valls, à en croire la rumeur voulant qu’il ait conclu un « pacte secret » avec François Hollande, un certain 18 novembre 2013, ne devrait pas trahir son propre camp. Pourquoi pas, tout en sachant que dès qu’un politicien jure un truc, c’est qu’il n’est pas loin de trahir machin… Après, pour faire quoi ? On savait déjà que la droite avait de longue date abandonné la nation, tandis que la gauche en faisait de même du peuple, constat souvent répété en ces colonnes. Manuel Valls, lui au moins, aura mis la barre plus haut en jetant les deux aux orties.

Après, demeure l’obstacle des primaires, dont François Hollande peut s’affranchir, eu égard à sa condition de Président sortant ; ce qui ne fait pas l’affaire des frondeurs, qu’ils soient officiels (Martine Aubry) ou plus ou moins officieux (Manuel Valls). Mais primaire dont Manuel Valls, et pourquoi pas quelques autres, auront besoin pour conforter une éventuelle légitimité, quitte « à tuer le père », configuration qui nous ramène à une actualité politique plus immédiate, même si campant sur un autre front.

Puis, second étage de la fusée : gagner les primaires en question pour ensuite concourir à la magistrature suprême ; mais sur quel programme et, surtout, quelles idées ? Car, en ce domaine, Manuel Valls demeure une sorte d’hybride politique, tel que pouvait l’être son premier mentor, Michel Rocard. Mais tellement emblématique de l’actuelle classe politique : soit une gauche ayant rallié l’économie néolibérale, économie mondialisée, tandis qu’une autre droite se mit soudainement à en pincer pour les “avancées” sociétales qu’on sait.

Manuel Valls, candidat de gauche ? Non, plutôt de celle d’une France d’en haut, déconnectée des réalités, France qu’une majorité de Français d’en bas tend désormais à rejeter hors des urnes. Après les enfants retrouvés refroidis dans les congélateurs, le tour des candidats mort-nés ? Oui.

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