Les couteaux sont sortis, les coups pleuvent, chacun veut se faire une place dans la course à l’élection présidentielle. Et alors que les victimes jonchent déjà l’échiquier politique, certaines filières ont des raisons de s’inquiéter, à l’image du nucléaire. Présenté comme une monstruosité, le continue d’être attaqué et mis en concurrence avec les énergies renouvelables. Une aberration lourde de conséquences.

Mélangez du vert et du rouge et vous obtiendrez du jaune. En politique, le résultat est légèrement différent puisqu’il accouche d’une bonne dose de contre-vérités teintée de contresens économiques. Les nombreux professionnels de la politique qui rêvent d’incarner la gauche triomphante en 2017 sont, notamment, confrontés à l’épineuse question du mix énergétique français, et donc de la place du nucléaire. Que faire d’une énergie non polluante qui permet à la France l’indépendance énergétique, mais qui n’entre pas dans la doxa écologiste ? Suivant leur inspiration du moment, les prétendants PS laissent le champ libre à un Emmanuel Macron proche du flou savamment entretenu par sa nouvelle compagne politique - Ségolène Royal. Plus à gauche, Jean-Luc Mélenchon vitupère et prononce des sentences irrévocables contre le nucléaire.

Fin tacticien, Mélenchon a compris que l’extrême gauche à elle seule ne représente plus assez, en France, pour espérer passer le couperet du premier tour de la présidentielle. C’est pourquoi, depuis des mois, il loue les vertus du quinoa et des énergies renouvelables. Tout est bon pour attirer le bobo écolo, à défaut de parler à une classe ouvrière mise à l’écart de l’équation mélenchoniste. Pour plaire, il faut tomber à bras raccourcis sur le nucléaire, quitte à dire des énormités.

À l’origine de plus de 75 % de l’électricité consommée sur le territoire, gage d’indépendance vis-à-vis des pays pétroliers et gaziers, moins cher et moins polluant que les énergies renouvelables, le bénéficie d’avantages de taille, mais pâtit d’une haine sans commune mesure. Oui, oui, moins polluant ! Comme le prouvent différentes études portant sur les émissions de CO2 liées aux industries et renouvelables. Pourquoi, dès lors, ne pas faire preuve d’un peu d’intelligence et constater que le nucléaire n’est pas un monstre avide de tuer dans l’œuf les renouvelables ? Pourquoi les politiciens s’acharnent-ils à ne pas comprendre que nucléaire et renouvelables sont complémentaires ?

Les antinucléaires se débarrassent de faits qui ne vont pas dans leur sens : les centrales françaises permettent d’ajuster à la hausse ou à la baisse 80 % du volume d’énergie produite. Une flexibilité bien utile lorsqu’il n’y a ni vent ni soleil. La France peut se passer du nucléaire d’ici à 2050 ! Le slogan mélenchoniste est irréaliste et dangereux ! Alors, certes, les campagnes électorales sont faites pour forger des horizons nouveaux. Encore faut-il qu’ils ne soient pas complètement déconnectés de la réalité.

14 janvier 2017

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