La première banque « islamique » française vient d’ouvrir ses portes en France

Une agence bancaire islamique, Noorassur, proposant exclusivement des contrats d’assurance et des solutions d’épargne (elle n’est donc pas une banque à proprement parler), vient d’ouvrir ses portes en France (à Chelles).

Contrairement à ce que son nom semble indiquer, cette société, à l’instar de la quasi-totalité des institutions bancaires dites islamiques, n’est pas musulmane au sens éthique du terme, mais il s’agit là d’une banque communautaire, s’adressant prioritairement à une clientèle musulmane qui représente une part de marché non négligeable et grâce à laquelle, notamment, l’industrie du halal – qui n’est pas aux mains de membres de la communauté musulmane ; nous ne mentionnerons, à titre d’exemple significatif, qu’Isla Délice, appartenant à Jean-Daniel Hertzog – est si prospère.

Le directeur de cette toute nouvelle agence assure que « la finance islamique n’est qu’un compartiment de la finance éthique » et il ajoute : « Ce que nous proposons, c’est une alternative à la finance traditionnelle et une possibilité pour les musulmans de France de placer leur argent en accord avec leurs convictions religieuses. » Dans le langage des banquiers « musulmans », la finance éthique signifie la substitution du pur intérêt usuraire par des primes et autres produits financiers.

Tout l’art de la finance dite islamique se résume au contournement de l’interdiction coranique de l’usure par l’hyper-technicité des opérations financières qui restent totalement hermétiques à la compréhension du profane. Il faut rappeler que le prêt à intérêts fut également condamné par l’Église dès 325 au concile de Nicée.

Les mouvements réformistes chrétien et musulman, dont la raison d’être est la dilution dans la modernité des deux grandes religions monothéistes, vont – notamment dans le monde chrétien avec le calvinisme (XVIe siècle), puis avec la Révolution française – faire sauter progressivement les verrous théologico-législatifs chrétiens et musulmans empêchant, par ailleurs, l’expansion et les dérives de la pratique de l’intérêt usuraire. Dérives qui prendront la forme de la finance internationale et de ses monstrueuses mutations dont les effets socio-économiques, à l’échelle mondiale, sont proprement catastrophiques.

Aujourd’hui, les musulmans modernes et modernistes, plus attachés à la lettre qu’à son esprit, sont attirés comme des papillons de nuit par ce type d’initiatives et de produits marketing qui n’ont d’islamique que le nom.

Au fond, ne faut-il pas voir comme signification de ces phénomènes de masse la prééminence mondiale d’un nouveau culte, d’une religion pas si nouvelle, que Roger Garaudy a appelé le monothéisme du marché ? Marché dont la déité, Mammon (le dieu de l’argent), s’est substituée au Dieu d’Abraham, et qui a remplacé la loi naturelle par un antinomisme ultralibéral et son pendant sociétal : le libertarisme.

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