Poutine : après la Syrie, la Libye ?

En septembre, la saisie des terminaux et des ports pétroliers par l’armée nationale sous le commandement du général Khalifa Haftar, devenu maréchal depuis, bouleversait totalement la donne politique en Libye.

Dès octobre, il devint clair que le maréchal Haftar serait l’un des prochains dirigeants de la Libye et que, d’ores et déjà, il bénéficiait du soutien inconditionnel du Parlement de Tobrouk, mais également de pays comme l’Égypte, les Émirats arabes unis et le Tchad, et qu’il s’opposait ouvertement au gouvernement d’union nationale, présidé par Fayed el-Sarraj et soutenu par l’ONU.

L’on sait le rôle primordial joué par l’Algérie dans la médiation de ce conflit libyen, et c’était la raison principale de la visite du maréchal Haftar, à Alger, le 16 décembre, afin de défendre son projet.

Visite qui a été suivie, neuf jours plus tard, le dimanche 25 décembre, par celle du président du gouvernement d’union nationale, Fayed el-Sarraj.

À présent, le maréchal Haftar a décidé de prendre le pouvoir, qu’on lui marchandait, en employant la force politique, sinon militaire.

Il a parfaitement compris, en constatant le rôle prépondérant tenu par la Russie dans le dénouement du conflit syrien, après Alep (arrêt des hostilités, signature d’une paix… momentanée et ouverture de pourparlers entre les différents protagonistes), que les États-Unis et l’Union européenne n’étaient plus les maîtres de la situation au Moyen-Orient et que c’est la Russie de Poutine qui imposait sa puissance militaire, forte de ses succès sur le terrain.

Malgré la présence française et américaine et certaines interventions militaires en Libye, le maréchal Haftar a compris qu’il ne pouvait compter sur un appui sans conditions ni des Américains ni des Français. Il s’est donc résolument tourné vers la Russie et vient de rencontrer, à Moscou, Vladimir Poutine afin de solliciter son appui.

En avez-vous entendu parler dans les médias occidentaux ?

Rappelons que la Russie avait lâché Mouammar El Kadhafi en 2011 mais n’attendait que cette occasion pour y remettre les deux pieds, d’autant plus que Poutine ne cache nullement son projet d’occuper une place de leader dans cette région.

Le ministre des Affaires étrangères russe, Gennady Gatilov, estime que le maréchal Haftar, qui combat sans interruption les forces de Daech depuis plus de deux ans, est une personnalité politique de premier plan, au sein d’un gouvernement libyen, et qu’il est incontournable.

Tout en continuant à appuyer, sans trop d’énergie, la formation du gouvernement d’union nationale, soutenue par l’ONU et dirigée par El-Sarraj.

Très impliquées dans cet imbroglio politique, pour ne pas dire politicien, l’ONU et l’Algérie se posent bien des questions sur cette nouvelle intervention de la Russie dans le « dossier libyen ». On les comprend…

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