« Le faire ou ne pas le faire ? », c’est la question qui a dû triturer avant sa visite au Maroc, au sujet de ce fichu insigne d’officier de la Légion d’honneur à remettre à Abdellatif Hammouchi, le chef marocain de la DGST et de la DGSN. Et ce, d’autant plus que la décoration lui avait été promise par le 14 janvier 2015.

Il faut dire que l’homme en question fait l’objet de trois plaintes, dont deux pour complicité de torture et faits de torture qui se seraient déroulés au centre de détention de Témara. Quel rapport avec la France, me direz-vous ? L’un des plaignants est franco-marocain. Qui plus est, la visite en France, l’année dernière, du ministre de l’Intérieur marocain accompagné, précisément, d’Abdellatif Hammouchi s’était soldée par un incident diplomatique tel qu’il avait jeté un froid polaire sur les relations franco-marocaines.

L’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) avait alors demandé, dans le cadre de ces plaintes, l’audition du sieur Hammouchi devant la justice. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que les inspecteurs français avaient déclenché la grosse cavalerie, profitant de l’absence du ministre de l’Intérieur marocain à la résidence de l’ambassadeur du en France pour notifier au chef DGST et DGSN sa convocation devant le juge d’instruction. Vexation pour le Maroc, « incident regrettable » pour Paris… Un an plus tard, entame une visite de « travail et d’amitié ».

Ce, sous l’œil des six ONG qui lui ont demandé d’« affirmer son engagement inconditionnel contre la torture et en faveur des droits humains dans l’ensemble des pays arabes sans distinction, condition sine qua non de la stabilité régionale et internationale ».

Rudement gonflées, l’ACAT, la Ligue des droits de l’homme, Survie et les autres, de s’indigner de pratiques supposées mais pas des décapitations qui ont eu lieu lors de la visite du même président en Arabie saoudite ! La torture au serait une plus grande atteinte aux droits de l’homme que lapidation et décapitation en Arabie saoudite ?

Mais quand on s’appelle François Hollande, que l’on traîne dans son sillage une réputation d’indécis, que l’on doit honorer une promesse émise un an auparavant et réparer une relation diplomatique abîmée, tout en prenant soin de ne pas heurter des associations non gouvernementales – qui peuvent toujours servir en période électorale, on ne sait jamais -, on imagine ses tourments… On imagine aussi ceux de la Ligue des droits de l’homme qui doit peut-être regretter l’attitude de son « champion ». On se souvient, en effet, qu’elle avait appelé « à ne pas voter Nicolas Sarkozy » lors de l’élection présidentielle de 2012. Tout ça pour ça !

Finalement, a tranché. Enfin, si on veut. Le chef du contre-espionnage l’aura, sa médaille d’officier de la Légion d’honneur. Mais… pas tout de suite ! Quand ? « Au moment où ce sera souhaitable et opportun et décidé avec lui-même ». Ça, c’est du Hollande !

21 septembre 2015

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