Pascal distinguait trois ordres : l’ordre de la chair, l’ordre de l’esprit et l’ordre de la charité. , qui est canonisée à Rome, ce dimanche 4 septembre, appartenait à coup sûr au troisième, qui est l’ordre de l’amour. Petite par la taille, mais grande par le cœur, elle a consacré sa vie aux êtres les plus fragiles : les pauvres, les malades, les enfants à naître, les mourants, tous les laissés-pour-compte.

Née d’une famille d’origine albanaise, le 26 août 1910 à Skopje, capitale du Kosovo, elle entre à dix-huit ans à l’Institut des sœurs de Lorette, en Irlande, et est envoyée à Calcutta où, après son noviciat, elle enseigne la géographie dans un collège catholique. Bientôt, suite à un appel intérieur, qui fait penser à la nuit du Mémorial de Pascal, elle décide de se consacrer aux pauvres des bidonvilles et obtient du pape Pie XII l’autorisation de quitter l’ordre des sœurs de Lorette.

Elle crée la fondation des Missionnaires de la Charité, formée de religieuses, et prend le nom de Mère Teresa, se plaçant sous le patronage spirituel de « la petite Thérèse », sainte Thérèse de Lisieux. La congrégation compte aujourd’hui près de 600 missions réparties dans une centaine de pays. Sa notoriété s’étend au monde entier et elle reçoit, en 1979, le prix Nobel de la paix pour son action en faveur des déshérités en Inde. Elle meurt le 5 septembre 1997, à l’âge de 87 ans.

On retient généralement de Mère Teresa son action en faveur des pauvres et de la paix, on ne voit en elle qu’un défenseur des droits de l’homme, de la dignité de chaque être humain. On oublie trop souvent de souligner que son engagement se fondait d’abord sur sa foi chrétienne, qu’elle mettait en pratique jusqu’au bout. Ainsi, en 2003, à l’occasion de sa béatification, Jean-Paul II rappela ses nombreuses interventions en faveur de la vie et contre l’avortement, rapportant des propos qu’elle avait tenus : “Si vous entendez dire qu’une femme ne veut pas garder son enfant et désire avorter, essayez de la convaincre de m’apporter cet enfant. Moi, je l’aimerai, voyant en lui le signe de l’amour de Dieu.”

Jean-Paul II ajoute que sa mission ne consistait pas seulement dans une sorte d’aide humanitaire apportée aux plus indigents. Elle voulait être un signe de “l’amour de Dieu, la présence de Dieu, la compassion de Dieu”, elle essayait d’étancher la soif du Christ, notamment chez “ceux dont la vision de Dieu avait été voilée par la souffrance et la douleur”. Elle était au service des hommes parce qu’elle était au service de Dieu. Par son engagement, sa persévérance, sa souffrance intérieure, elle mérite d’être déclarée sainte.

Mère Teresa disait d’elle-même : “Par mon sang, je suis albanaise. Par ma nationalité, indienne. Par ma foi, je suis une religieuse catholique. Pour ce qui est de mon appel, j’appartiens au monde. Pour ce qui est de mon cœur, j’appartiens entièrement au Cœur de Jésus.” Qu’on soit croyant ou incroyant, athée ou agnostique, son exemple montre quel peut être le désintéressement et l’amour de l’autre dans une société qui adore trop souvent le veau d’or et les faux-semblants. Ceux qui prétendent diriger le monde devraient se souvenir que rien de beau, de bien, de vrai ne peut se construire sans fondements spirituels.

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