Dans le New York Times, le trinational et producteur de rap Félix Marquardt a réitéré le message qu’il avait adressé à la jeunesse française dans un article intitulé « Barrez-vous ! », paru dans Libération en septembre dernier. Selon lui, pour réussir sa vie, un jeune Français n’aurait d’autre choix que de quitter son pays.

En revanche, l’auteur a oublié de préciser dans quel pays notre jeunesse devait émigrer. Aux États-Unis, où plus de 60 millions de personnes vivent de tickets d’alimentation ? En Chine, où une bulle immobilière est sur le point d’exploser ? Au Brésil, en Égypte, en , pays en pleine explosion sociale ? Au Japon, qui ne dégage plus de croissance digne de ce nom depuis les années 90 ? Ou peut-être alors dans cette fameuse Allemagne, qui connaît plus de travailleurs pauvres que la France malgré la vigueur de son industrie ?

Dans Libération, Félix Marquardt avait qualifié la France actuelle de « gérontocratie hypercentralisée et décrépie », omettant d’ajouter « libérale-libertaire ». Mais il faut dire que son propre logiciel est précisément libéral-libertaire, comme il l’expliqua aux côtés d’Olivier Besancenot, sur le plateau de Ce soir ou jamais, où le représentant du NPA confessa d’ailleurs partager sa vision du monde.

Et si Félix Marquardt constate l’action néfaste d’une minorité parasite, il se garde bien de s’en prendre à cette même minorité mais punit ses nombreuses victimes en les incitant à l’exil. Ainsi, ce ne serait pas à la ringarde gérontocratie post-soixante-huitarde de dégager, mais à la jeunesse française ! On a du mal à comprendre le raisonnement…

Il y a toutefois un point sur lequel nous tenons à rendre hommage à Félix Marquardt. En effet, si on va au bout de sa logique, si la France est une terre sans horizon pour ceux qui y habitent et qui y ont leurs racines, alors, a fortiori, elle offre encore moins d’espérance aux candidats à l’immigration. Félix Maquart ne s’en est probablement pas rendu compte, mais il a dissuadé les Africains, principaux candidats à l’immigration en France, de venir dans notre pays.

Peu, à sa place, auraient osé. Chapeau bas, monsieur Marquardt !

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