Editoriaux - Médias - Politique - Religion - 16 novembre 2016

Pourquoi la victoire de Donald Trump est un avertissement sérieux pour le FN

Avant même que la victoire de Donald Trump ne soit officiellement acquise, Marine Le Pen s’est empressée de s’en réjouir. À tort ou à raison, elle y voit un encouragement pour sa propre candidature en 2017. Personnellement, je suis beaucoup plus réservé et, en admettant qu’on puisse faire des parallèles entre la France et les USA, l’analyse des statistiques ethnico-économiques sorties des urnes aux USA est, à mes yeux, plutôt un avertissement qu’un soutien, quant à la ligne suivie par le néo-FN marino-philippotesque et quant à ses chances de succès en 2017.

Il y a, certes, un parallèle évident dans le niveau de calomnies, de vomissures et d’acharnement hostile de l’appareil médiatique dont a pu souffrir Donald Trump avec celui que subit le FN depuis des décennies. Les médias du système, gauchisants à 90 %, étaient contre Donald Trump, c’était bien évident. Maintenant que leur candidate a perdu, ils s’efforcent de semer le chaos dans les rues.

Pour le reste, la comparaison s’arrête très vite.

Les médias du système, assommés par la victoire inattendue de Donald Trump, ont essayé de dénaturer le sens du résultat, voulant y voir la victoire des bouseux et arriérés de race blanche. L’analyse sociologique à deux balles voudraient que les sous-diplômés aient voté Donald Trump. Les “journalistes” de gauche se rassurent comme ils peuvent. La réalité est que la « racaille » ethnique et socio-économique des USA vote massivement démocrate et non pas républicain.

La réalité toute simple est que, fondamentalement, la droite américaine a gagné. Par conséquent, la gauche américaine a subi une défaite, et ajoutons qu’elle le prend très mal. Le Gestell d’abrutissement médiatique et sondagier a échoué, malgré la puissance déployée.

Maintenant, il convient de mieux décrire ce que recouvre le mot « droite américaine ». Commençons par ce qu’elle n’est pas, à savoir les Noirs, les juifs, les athées et les LGBTIQ, qui ont voté massivement pour Hillary Clinton (entre 70 et 85 %) et, à un moindre degré, elle n’est pas hispanique. Globalement, les gens bien payés (au-dessus de 50.000 dollars par an) sont plutôt des électeurs de Donald Trump, ce qui contredit totalement le mythe de l’abruti raciste sous-diplômé inventé par les médias. Les électeurs de Donald Trump sont majoritairement « conservative » de mœurs et chrétiens de religion, pro-vie et anti-avortement. Voilà, ce sont des électeurs de droite assez typiques.

Ajoutons que beaucoup d’électeurs de Donald Trump sont inquiets et pensent que demain sera moins favorable que maintenant et hier. L’Amérique est inquiète et la géopolitique hystérico-belliciste des néo-cons ne fait rien pour faire avancer l’économie américaine.

Concrètement, le noyau dur de l’électorat de Donald Trump est majoritairement chrétien, conservateur et plutôt bien payé, donc typiquement de droite. Que fait le FN pour attirer à lui ce genre d’électeurs ? Je ne vois pas. Marine Le Pen dit ne pas savoir ce que veut dire “être de droite”. La ligne actuelle du gourou, Florian Philippot, est gaucho-laïcarde et national-étatiste. Le FN est de plus en plus ouvertement insultant envers les catholiques, dont beaucoup ont d’ailleurs été purgés, sont partis ou ne sont pas venus… Je note que Marion Maréchal-Le Pen, présentée comme la plus « à droite » du FN, est relativement ambiguë sur l’opposition à l’avortement.

Le FN serait bien inspiré de réfléchir, s’il veut suivre l’exemple de Donald Trump.

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