Pour protéger le pape, la France déplace ses islamistes… faute de mieux

A priori, la menace islamiste ne faiblit pas.
Capture d'écran France TV
Capture d'écran France TV

A priori, la menace islamiste ne faiblit pas. En effet, à l'occasion de la visite de Léon XIV en France, les autorités ont dû prendre des mesures exceptionnelles pour éloigner certains individus de la région parisienne où étaient attendus des rassemblements de plusieurs centaines de milliers de catholiques. Il s’agit, selon les informations d'Europe 1, de personnalités fichées pour radicalisation islamiste, d’imams et de figures proches des Frères musulmans. Ces derniers ont ainsi reçu un arrêté ministériel leur interdisant de paraître dans certaines villes et certains secteurs, notamment à Paris et à Saint-Denis. Certaines personnes visées doivent également se présenter quotidiennement au commissariat ou à la gendarmerie. Le ministère de l'Intérieur entend ainsi prévenir tout trouble à l'ordre public pendant la visite pontificale.

Parmi les personnes éloignées figure notamment l'imam Nourreddine Aoussat, un Franco-Algérien qui avait menacé l'ancien Premier ministre Gabriel Attal de « fatwa » sur les réseaux sociaux. Après avoir pris connaissance de l'arrêté ministériel, le prédicateur a dénoncé sur Facebook « une mesure arbitraire et une atteinte grave à la liberté fondamentale de circuler d’un citoyen ». Il dit vouloir contester cette décision devant le tribunal administratif de Paris.

Le pape, Rome et les chrétiens dans le viseur des islamistes

Ces mesures de sécurité interviennent dans un contexte de menaces djihadistes répétées contre le souverain pontife et la chrétienté. Le 3 juin 2026, on apprenait qu'un réseau de propagande lié à l'État islamique avait diffusé un visuel représentant Léon XIV, accompagné de ce message explicite : « Fais que ses jours soient les derniers. » La menace avait été proférée quelques jours avant le déplacement du pape en Espagne, du 6 au 12 juin. Les autorités ibériques avaient alors dû renforcer sa protection.

On se souvient qu'en novembre 2015, dans sa revue Dabiq, l'État islamique appelait ses combattants à poursuivre leur lutte jusqu'à ce que le drapeau du califat flotte sur la cité du Vatican. Un mois plus tard, une vidéo de propagande intitulée Rendez-vous à Dabiq mettait en scène des djihadistes et des chars, avec des images du Colisée et de la basilique Saint-Pierre. Rome était présentée comme un objectif majeur de la conquête islamique. En août 2017, une vidéo tournée à Marawi, aux Philippines, montrait des combattants de l'État islamique détruisant des statues du Christ et déchirant un portrait du pape François. L'un d'eux, se présentant sous le nom d'Abu Jindal, lançait en anglais : « Souvenez-vous de cela, mécréants, nous serons à Rome ! »

Nos foules islamistes

En France, aussi, la mouvance islamiste dispose d'une solide implantation. Selon une note des services de renseignement territorial de mai 2025, le pays compterait entre 15.000 et 20.000 salafistes. En 2024, les autorités avaient estimé que la fréquentation de lieux de culte salafistes avait progressé de 39 % depuis 2020, pour atteindre 31.170 fidèles. À ces chiffres s'ajoutent ceux du fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). En mars 2025, plus de 15.000 individus y étaient inscrits.

Ces chiffres illustrent l'ampleur du phénomène et le défi que cela représente pour l'État. On connaît l’identité des islamistes potentiellement dangereux qui pourraient passer à l’acte, mais on ne peut rien faire de plus que de les déplacer momentanément d’une région de France à une autre. Et les choses ne devraient pas aller en s’arrangeant. L'enquête de l'IFOP publiée le 18 novembre 2025 sur le rapport à l'islam des musulmans de France révélait en effet des résultats particulièrement inquiétants. Parmi les 15-24 ans, 42 % déclarent éprouver de la sympathie pour l'islamisme. Ils sont également 59 % à estimer que la charia doit être appliquée dans les pays non musulmans et 57 % à considérer que les règles de l'islam passent avant les lois de la République.

Quid, alors, du soutien plus ou moins implicite au terrorisme ? Selon les résultats présentés par François Kraus, directeur du pôle politique et actualités de l'IFOP, si 52 % des musulmans interrogés expriment de « l’hostilité » envers cette mouvance, ils seraient tout de même 3 % à éprouver de la sympathie pour le djihadisme, chiffre en lui même déjà énorme, à bien y réfléchir, tandis que 24 % déclarent de l'indifférence. Une indifférence dont on peut s'inquiéter.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

68 commentaires

  1. Cues gens sont donc bien identifiés: Bravo. Il faut tout de suite les éradiquer. Ne pas le faire c’est de la complicité. Il faudra en rendre compte.

  2. Juste une question : si un des nombreux gardes du corps protégeant le pape descend un agresseur armé d’un couteau, il sera placé en garde à vue ?

  3. C’est parfait nos prochains gouvernants auront la liste de ceux qu’il faut immédiatement renvoyer chez eux (ou ailleurs c’est pas notre problème) et c’est très facile à faire comme pour la journaliste Russe qui intervenait sur le plateau de CNEWS, décret du ministre de l’intérieur, avion, pour les mosquées fermeture pareil retour à la maison de l’imam on peut s’en occuper sans attendre cela marquera les esprits et si nos censeurs habituels veulent revendiquer on les met au pas tout de suite en leur rappelant que c’est l’état qui décide, celui qui a été élu par le peuple c’est dans la Constitution.

  4. Tout à fai d’accord avec Leturlupin qui a dit: Pour tout dire ils n’ont même rien à faire en France, qu’est-ce qu’on attend ? Oui, qu’attendons-nous pour leur faire traverser la Méditerranée dans l’autre sens. Zemmour et de Villiers ont tout à fait raison de sonner le tocsin et de conseiller aux puissants de la République de rejeter l’Islam sur ses terres. De nombreux universitaires nous ont depuis longtemps confirmé que l’islam n’a quasiment rien de religieux. Il s’agit d’un ensemble de codes civil, judiciaire et commercial. Regardez ce qui se passe chez Britanniques , leurs populations sont soumises à deux pouvoirs différents ! Sur le sol d’un Etat il ne peut se concevoir qu’un seul et unique pouvoir, l’ingérence européenne nous le prouve chaque année. Que dire d’un pouvoir musulman, issu de volontés rétrogrades et arriérées ? Nos élites ont tout raté depuis 50 ans !

    • Oui. J’ajoute qu’en dépit de ses imperfections notre Civilisation s. lato, est porteuse de mieux être pour l’ensemble de l’Humanité. On compare au passé comme au présent ?

  5. « Ces chiffres illustrent l’ampleur du phénomène et le défi que cela représente pour l’État. » Le défi ? glissé sous le tapis, comme d’hab.

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