Economie - Editoriaux - Presse - Radio - Société - Supplément - Table - 1 février 2015

Pour Matthieu Piga$$e, la dette, ça ne coûte rien mais ça peut rapporter gros !

Le frétillant Matthieu Pigasse, banquier et patron de presse, affiché à gauche, annonce fièrement qu’il faut abandonner 100 milliards de la créance que nous, Européens « raisonnables », détenons sur la Grèce. Avant d’ajouter que cela ne nous coûtera rien : “Cette dette a déjà été émise, donc elle est déjà incorporée dans les ratios dette sur PIB des pays européens. Vous pouvez annuler une partie de la dette grecque, une partie des créances françaises, cela n’impactera en rien la dette française […]. Le seul impact est un impact comptable”.

Après Hollande “Ça ne coûte rien, c’est l’État qui paye”, Pigasse “Ça ne coûte rien, c’est comptable” !

Et de préciser que les Grecs avaient payé vingt millions à la banque Lazard pour les premiers conseils qu’elle leur avait prodigués de 2010 à 2012. Vingt millions qui coûtaient d’autant moins cher aux Grecs qu’ils étaient apportés par ceux qu’ils n’allaient jamais rembourser ! Puisque ces conseils allaient aboutir en 2012 à un abandon de 70 % des dettes alors dues par la Grèce.

Prêt à rejouer le même coup (on ne change pas une équipe qui gagne !), notre banquier chef, copropriétaire du Monde, Télérama, L’Obs et Les Inrocks, nous conseille en quelque sorte de nous ruer vers notre banque pour lui annoncer que nous cessons sans délai de rembourser toutes nos dettes puisqu’il n’y a pas de différence réelle entre un prêt et un don. L’impact ne sera que comptable pour la banque. Donc nul, quoi !

S’il parvient à ses fins, c’est-à-dire convaincre les États prêteurs d’effectuer un « haircut », ce qui est plus chic qu’un abandon de créance, chaque Français devra donc effectuer un chèque, en moyenne 600 € par personne, bébés, chômeurs et vieillards inclus. Ce sera, certes, plus discret, noyé dans l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés, la TVA, voire les cotisations d’allocations familiales, puisque tout se fiscalise dans le trou sans fond qu’est la comptabilité nationale.

Dans le même temps, Lazard touchera des millions d’euros pour ses judicieux conseils et Matthieu Pigasse probablement des centaines de milliers d’euros de bonus sur ce dossier.

Avec ses nouveaux bonus, il pourra acheter Radio Nova et LCI, pour diffuser encore plus largement sa bonne parole : “La Grèce est devenue le laboratoire de ce que peut être l’Europe demain.”

C’est donc un Français qui va se faire payer par les Grecs pour planter la France de quelques dizaines de milliards supplémentaires. Suggérons-lui de prendre la nationalité grecque avant d’être frappé d’indignité nationale en France. Une insulte un peu passée de mode, certes, suggérait d’aller se faire voir chez les Grecs. Elle pourrait reprendre du service !

Lazard et Pigasse qui défendent cette idée réussissent à nourrir d’un même coup les anti-Européens, les anti-riches et les anti-système.

À lire aussi

Vaches à hublot : si on en parlait pour de vrai ?

Il est établi que les citadins savent tout beaucoup mieux que les autres, qui ne sont que …