Vous vous souvenez peut-être : en 2015, un sondage Odoxa, réalisé pour Paris Match, avait révélé qu’à la question “Avec quelle personnalité politique aimeriez-vous passer votre soirée de réveillon ?”, les Français (un petit millier de personnes) avaient répondu Alain Juppé. Waouh, comme dirait Kate en paraissant au balcon ! Il était, alors, en pleine gloire. Dix mois plus tard, l’affaire s’est terminée en soupe à la grimace. Notons, tout de même, que, dans ce sondage, Marion Maréchal-Le Pen venait juste après, suivie d’.

En 2016, sauf erreur de ma part, la question, curieusement, n’a pas été reposée. Aurions-nous eu des surprises difficiles à digérer ?

En tout cas, si vous n’invitez pas Emmanuel Macron à votre réveillon, Emmanuel Macron compte bien s’inviter au vôtre. C’est son côté Lagardère, beau chevalier blanc qui veut renverser la table de l’auberge où il a pourtant son rond de serviette. Son côté Giscard, aussi. Giscard qui déboulait chez les gens – car le roi est partout chez lui – et rentrait à l’Élysée à l’heure du laitier… Mais rassurez-vous : Emmanuel Macron ne va pas venir sonner chez vous, bras dessus, bras dessous, avec sa Brigitte, tous deux chapeautés pointus.

Non, Emmanuel Macron veut s’inviter chez vous pour le réveillon par militants interposés, ces militants d’En Marche, nouvelle sorte de Témoins de Jéhovah de la mondialisation heureuse… pour eux, en tout cas. En effet, l’équipe de campagne d’En Marche leur a envoyé un mail pour leur proposer de se faire les ambassadeurs de leur candidat en ce soir de Saint-Sylvestre : “Pas de meilleur moment pour parler politique que les repas de famille, et pas de meilleur repas en famille pour le faire que celui du réveillon.”

On ne doit pas vivre dans le même monde ou le même pays !

Alors, quelques rappels de savoir-vivre aux militants d’En Marche, ça peut toujours servir. En France, il est recommandé – pas besoin d’avoir appris par cœur la Baronne Staffe ou Nadine de Rothschild – d’éviter d’aborder à table les sujets qui fâchent : politique, argent, religion. C’est bien connu, l’alcool aidant, les esprits gaulois s’échauffent, les langues se délient… Et viennent les querelles d’Allemands, la guerre civile picrocholine entre les descendants de l’oncle Martin qui aimait les Tommies et les rejetons de l’oncle Gaston qui aimait les Teutons, comme le chantait jadis Brassens ! Évidemment, si on sait que tout le monde pense la même chose, c’est différent : on peut se lancer. Mais, alors, ce n’est plus du militantisme, c’est se faire plaisir, se faire du vent sous la queue, comme on dit du côté des écuries. Au cas où, puisque nous y sommes : on ne parle pas la bouche pleine et on n’accapare pas l’attention de la maîtresse de maison. Surtout pour ne rien dire. Évidemment, je ne vise pas Emmanuel Macron, qui ne parle pas la bouche pleine…

Mais revenons aux consignes données à nos Témoins d’Emmanuel. Quelques idées, non pas de cadeaux, mais de sujets à aborder durant ce réveillon, “pour alimenter vos conversations” (sic) leur sont proposées. Par exemple : “Faire des 35 h la durée hebdomadaire par défaut du temps de travail, et donner la possibilité aux salariés et aux employeurs de négocier ensemble un temps de travail adapté à leur situation…” Re-waouh ! Kate, reprenez-donc un peu de dinde au Macron…

Au fait, savez-vous quelle était, en 2010, la personnalité politique avec qui les Français auraient aimé réveillonner ? DSK. Je sais, ça ne se fait pas, mais : bon appétit, mesdames !

Et – ça se fait – bonne année 2017 !

À lire aussi

Sibeth Ndiaye, sortie du gouvernement et… de la cuisse de Jupiter

Salut princesse ! …