François Fillon se dit de « droite ». Tout comme ses concurrents à la primaire de la « droite » et du centre. Il y a, évidemment, tromperie sur la marchandise. Il est certainement « à » droite de l’échiquier politique conventionnel mais, à l’instar de ses amis « Les Républicains », son dextérisme est purement cosmétique. Un hameçonnage électoral, une arnaque marketing.

Au-delà du tropisme foncièrement libéral qui les réunit tous – à la notable exception de Jean-Frédéric Poisson, plus nuancé en la matière –, ce qui les caractérise en propre – et, partant, ne les distingue guère de leurs soi-disant « adversaires » de la gauche supposément socialiste – reste cette propension veule à l’immobilisme – qu’ils confondent, Fillon, primus inter pares, avec le « conservatisme » – fondée tant sur l’amnésie volontaire du substrat anthropologique pré-républicain de notre pays que sur une solide méconnaissance politique et historique de la civilisation française et européenne. Le même voile d’ignorance qu’une Marine Le Pen cherchant désespérément à leur ressembler.

Le site Liberté politique, dans l’objectif de faire évoluer les programmes des candidats en vue de l’élection présidentielle de 2017, a effectué un classement des candidats en fonction de leurs engagements déclarés pour le redressement de la . Bien qu’inexplicablement censuré par Le Figaro, ce baromètre, publié néanmoins dans Valeurs actuelles, fait apparaître que Jean-Frédéric Poisson reste, de loin, le mieux noté, avec une note de 14/20, distançant un François Fillon à la peine avec 9/20.

Si l’on devait retenir la seule question de l’abrogation de la loi Taubira – ayant valu, contre toute attente, le ralliement opportuniste de Sens commun, collectif interne aux Républicains né de la lutte contre cette folle loi, à Fillon – tous, hormis Poisson, ont manifesté leur opposition à l’abrogation de ladite loi.

Ne varietur, depuis au moins deux ans, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy affirme inlassablement l’impossibilité juridique (?) d’abroger la loi Taubira qu’il fera, toutefois, « réécrire » pour voir supprimée la possibilité d’adoption plénière pour paires homosexuelles, en leur laissant la faculté d’une adoption simple (La Croix, 29 juin 2016). “Ça ne remet pas en cause le mariage et n’empêche pas l’adoption par les couples homosexuels” (BFM TV, 18 novembre 2016).

Invraisemblable grand écart politicien dans l’espoir de ne perdre aucune voix, y compris celles d’une poignée d’activistes LGBT copieusement arrosés par la manne publique. Le même soutenait, pourtant, en 2012, que “l’institution du mariage a un objectif, qui est celui de la sécurisation des enfants. C’est un objectif qui ne me paraît pas compatible avec les couples homosexuels” (France 2, « Des paroles et des actes », 2 février 2012). Constance exemplaire dans la duplicité et le double langage.

La vérité est que Fillon (comme Juppé, NKM, Le Maire, Sarkozy, Copé) se situe sur la même crête idéologique qu’un Florian Philippot estimant que l’abrogation du mariage gay intéresse autant que « la culture du bonsaï » (Le Monde, 12 avril 2016). Ce faisant, aucun ne peut sérieusement revendiquer d’être le Président de « tous » les Français, quand les plus petits et vulnérables d’entre eux demeureront toujours à la merci de caprices narcissiques de paires volontairement infécondes, faisant perdre à l’adoption son utilité primordiale : reconstituer la cellule familiale dont l’enfant a été privé par la fatalité.

Anthropologiquement, une famille, c’est un père et une mère.

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