On connaît le bon mot de Claudel : « La tolérance ? Il y a des maisons pour ça. » Depuis, on a supprimé, officiellement, les bordels. Mais la tolérance ruine encore les corps et les âmes.

La profession de foi républicaine a, de toute évidence, de nombreux avantages. Qui oserait dire quoi que ce soit contre cela ? On en a le bec cloué. On lie, à force de grimaces télévisuelles, une très large avec les gens du parti de l’Ordre, qui est lui-même cimenté par l’intérêt. Que l’on bafoue volontiers ses propres principes, en interdisant tel humoriste, en censurant telle œuvre, en interdisant l’antenne aux ennemis, qu’importe ! Puisque ce qui compte est, en se singeant réciproquement, de s’affubler du manteau de la vertu, et d’y cacher ses vices. On a alors la permission d’être des plus haineux. Quelque baissement de tête, un soupir mortifié devant la caméra, deux roulements d’yeux compassionnels vous sauvent, et mettent en sûreté vos petites affaires. Et si l’on a l’audace de s’attaquer à toute cette cabale, alors, pas de pitié ! On s’érigera en vengeur de la Liberté, on accusera les ennemis d’impiété, on les poussera, on les détruira, on déchaînera la meute, on criera en public contre eux, on les accablera d’injures, on anéantira leurs droits au nom des droits de l’homme.

Assurément, Molière, en écrivant sa scène 2 de l’acte V de Dom Juan, voyait fort loin. Rien n’a vraiment changé.

On sait que le concept de « tolérance » est une invention de la modernité des Lumières. Le christianisme ne fut jamais tolérant. Dès qu’il eut le pouvoir, avec Constantin, bien qu’il ne constituât que 15 % de la population de l’Empire, il et abusa du bras séculier pour imposer sa foi. S’il a mis beaucoup d’eau dans le sang du Seigneur, c’est qu’il est devenu faible et « moderne ». Les musulmans sont plus conséquents, bien que d’aucuns veuillent qu’ils soient, eux aussi, « modernes ».

Pour ma part, je pense que chaque peuple doit se gouverner comme il l’entend. A Rome, les Romains font comme les Romains. Outre Méditerranée, on fait comme il se doit. Le pire est d’aller porter la « bonne parole » et de faire son prosélyte. Tout monothéisme est intolérant.

Du reste, qu’est-ce qu’un Français farouchement attaché à ses racines ne peut pas tolérer, supporter ? Eh bien, l’univers de Walt Disney, la sale bouffe des McDo, la musique nasillarde et anglo-saxonne des pubs, la bêtise des séries américaines et des films pour ados, le narcissisme postmoderne, les anglicismes, l’idéologie californienne, l’ultralibéralisme à la yankee, etc. Voilà ce qui est horripilant, et dont il faut se défaire. Soyons donc inquisiteurs.

29 mars 2015

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