Donald Trump, désormais candidat du Parti républicain pour la présidentielle de 2016 aux États-Unis, compte prendre à bras-le-corps le problème de la perméabilité du marché américain aux marchandises en provenance de Chine.

Des entreprises comme Caterpillar, souligne-t-il, fleurons de l’industrie du pays, se retrouvent dos au mur à cause de cette concurrence qui se déploie à la faveur de la mondialisation, et cela doit cesser. De son côté, l’Union européenne a été plusieurs fois obligée de reconnaître qu’elle est confrontée au dumping chinois.

Mais aucun dirigeant n’ose élever la voix, de peur de se mettre à dos le nouvel empire du Milieu de Xi Jinping, si prodigue en investissements à l’étranger, tandis que la dépendance économique de l’Union européenne vis-à-vis de la ne cesse de s’accroître. N’oublions pas que c’est l’entreprise chinoise Cosco qui rachètera la concession du port du Pirée pour sortir la de l’asphyxie. Que les propriétaires de certains des plus prestigieux châteaux du Bordelais sont chinois. Que la Chine compte restaurer pour son profit la route de la soie, en la doublant d’une route continentale sur plus de 8.000 km, ce qui lui assurerait une suprématie commerciale sur une aire abritant les deux tiers de la population mondiale.

a résolument fait campagne pour le et son camp l’a emporté. Puis, considérant qu’il avait atteint l’objectif, il a démissionné de son poste de président du UK Independence Party. Il ne s’agit pas de regretter le Brexit ou de s’en féliciter, mais plutôt de reconnaître que Nigel Farage a agi et que ses idées, indirectement, ont trouvé un écho par le vote de 17 millions d’électeurs. Certes, à travers ce référendum, c’est bien plus à la question de la politique migratoire qu’à celle de l’appartenance à l’Union européenne que les Britanniques ont répondu. Mais s’en indigner, c’est reconnaître que l’Union européenne a failli, qu’elle n’est plus qu’une institution éloignée des préoccupations immédiates du peuple.

Nous pourrions, ainsi, multiplier les exemples mais le message est clair : la mondialisation et ses dynamiques d’uniformisation et de démantèlement des barrières économiques juridiques, économiques et culturelles sont allées trop loin. Ayant suivi ces mêmes dynamiques depuis les années 1980, la construction européenne doit maintenant être repensée de toute urgence.

Cependant, aucune institution supranationale, aucune élite politique ou économique ne semble avoir la crédibilité nécessaire pour rassembler les opinions publiques. Les idées et les partis populistes qui gagnent de plus en plus de terrain en Europe et ailleurs peuvent en inquiéter certains. Mais la perte de souveraineté économique, l’insécurité face au terrorisme, la dissolution des valeurs héritées du passé dans un mainstream délétère, voilà des périls beaucoup plus immédiats et qu’on ne peut empêcher le peuple de craindre par-dessus tout. Alors, à quand le grand sursaut, quelle forme prendra-t-il et qui l’incarnera ? S’il vient des partis populistes, c’est que les élites et les partis traditionnels n’auront pas pu ou pas voulu tenir compte des nombreux avertissements envoyés par les peuples.

24 juillet 2016

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