Emmené par Beata Szydło, 52 ans, ethnographe de formation, le parti Droit et Justice (Prawo i Sprawiedliwość [PiS]) a remporté les élections législatives, ce dimanche 25 octobre en Pologne, en obtenant la majorité absolue des 460 sièges de la Chambre des députés avec 238 sièges et 38 % des voix, contre 23,4 % et 135 sièges contre son principal opposant, le parti libéral-centriste Plate-forme civique (Platforma Obywatelska), dirigé par Ewa Kopacz, présidente du Conseil des ministres sortant.

Beata Szydło aura d’autant plus les coudées franches pour appliquer le projet de son parti, en tant que futur Premier ministre, qu’il est soutenu par le jeune (43 ans) président de la République polonaise, Andrzej Duda. C’est Jarosław Kacziński, frère jumeau de l’ancien président de la République Lech Kaczyński ( dans un accident d’avion en 2010), qui, à la tête du PiS, s’effacera pour laisser Beata Szydłlo diriger le combat contre les libéraux-centristes et le gagner dimanche, éliminant la gauche polonaise qui n’a pu parvenir au seuil d’éligibilité.

Le programme du PiS rejoint ceux des partis eurosceptiques européens de droite nationale, comme le Fidesz, le parti de l’actuel Premier ministre hongrois Viktor Orbán. À commencer par sa position contre l’afflux migratoire organisé par les instances européennes, pointant les problèmes d’ordre sanitaire qui vont se révéler cruciaux d’ici peu. La préférence nationale sera appliquée sur le plan économique, la souveraineté nationale sera renforcée contre le grignotage de celle-ci par l’Union européenne…

Le PiS étant un parti -conservateur catholique (n’oublions pas que le pape Jean-Paul II était polonais et qu’il a largement influencé le renouveau catholique de son pays), des mesures seront prises pour abaisser l’âge de la retraite à 65 ans pour les hommes (contre 67 actuellement) et 60 ans pour les femmes, gratuité des médicaments pour les plus de 75 ans, instauration d’une allocation familiale de 500 złotys (125 euros) par enfant et par personne.

Dans le domaine de l’éducation, les connaissances en matière religieuse devraient constituer une épreuve du bac polonais.

Sur un plan historique, la Pologne, pays de 38 millions d’habitants sur 312 679 km2, a toujours été à la croisée des chemins, envahie, dépecée, détruite par ses voisins allemands et russes. Elle s’en méfie toujours et la ligne géopolitique du PiS s’en ressent, qui rejette à la fois l’Union européenne menée par l’ et la vers laquelle son allié Orbán se tournerait volontiers.

Le PiS ne verrait plus qu’une solution : accroître sa dépendance vis-vis des États-Unis en renforçant ses liens avec l’OTAN, méconnaissant les nouvelles donnes géopolitiques qui semblent montrer que l’Union européenne est devenue un satellite américain. Si le PiS choisit cette voie sans nuance, ce serait tomber de Charybde en Scylla et ruiner une bonne part de l’espérance que son accession au pouvoir vient de faire naître, pour son peuple et pour les vrais Européens.

27 octobre 2015

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.