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Discours - Editoriaux - Médias - Politique - Presse - Santé - 13 novembre 2016

« Politiquement correct » : le temps de la réalité occultée

N’en déplaise aux médias et aux gens bien informés, en votant, les Américains n’ont pas choisi un homme ou un programme débile et confus, ils ont voté contre ce qui occultait la débilité de la réalité vécue. On n’en finit pas d’expliquer pourquoi les sondages américains se sont trompés. On nous explique qu’en France, on ne pourrait pas faire ce genre d’erreur… sauf qu’en 2002, les sondeurs n’avaient pas prévu que Jean-Marie Le Pen arriverait au second tour.

Quoi qu’il en soit, on ne met pas en doute qu’il soit impossible aux chiffres de refléter la réalité. Allez dire cela à nos policiers qui manifestent contre la politique du chiffre. Ce qui intéresse leur hiérarchie, c’est de pouvoir présenter des statistiques claires à leur ministère (et les primes à la clef). Pour la hiérarchie policière et pour le ministère, la réalité, c’est le chiffre et sa rationalité. Pour les policiers, la réalité c’est le terrain et son irrationalité.

Dans une étude récente, l’économiste suédois Johan Norberg montre, chiffres à l’appui, que l’humanité n’a jamais été plus riche, en bonne santé, libre, tolérante et instruite : l’âge d’or, c’est maintenant — ces gens du commun ne comprennent rien ! Parlons-en à nos chômeurs et à tous ces Français qui ne cessent de dénoncer les dérives du système et le déclin de nos valeurs. Le chiffre, c’est la quantité qui masque la qualité. Est-ce qu’un bon Audimat garantit la bonne qualité d’une émission télévisée ? Le chiffre, comme le « politiquement correct », est un outil d’occultation du réel.

Les médias n’en finissent pas de s’étonner que les femmes américaines aient pu voter en aussi grand nombre pour un homme qui a tenu des propos aussi dégradants à leur égard. Ils ne comprennent pas qu’elles ont voté non pas « malgré » mais en raison de ces propos ; parce que ces propos rompaient avec l’hypocrisie des discours convenus du « politiquement correct ».

Interrogeons-nous sur ce qui a choqué nos responsables socialistes dans le livre Un Président ne devrait pas dire ça. Un Président si « politiquement correct » qui révèle dans ce livre qu’il ne croit pas un mot de ce qu’il dit publiquement ! Peut-on croire un seul instant que ceux qui le côtoient quotidiennement ne connaissent pas le personnage ? En vérité, ce qui choque les compagnons du Président c’est qu’il ait pu étaler au grand jour l’hypocrisie du « politiquement correct », autrement dit leur propre hypocrisie. Le « politiquement correct » va plus loin que la « pensée unique ». La « pensée unique » politiquement correcte peut se décliner de différentes façons : façon « identité heureuse », façon “le renouveau, c’est Bruno”…

Dans la presse et la hiérarchie catholiques, aussi, le « politiquement correct » fait souvent office de philosophie du « vivre ensemble ». On oublie que, du temps de Jésus, les porte-parole du « politiquement correct » s’appelaient « pharisiens ». Ça explique peut être pourquoi l’Église de France souffre d’un tel manque de vocations.

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