Sous les cendres toujours fumantes de la grogne des policiers nationaux est en train de sourdre celle des policiers municipaux et des agents de sécurité privés. Moins spectaculaires parce que moins nombreux, moins visibles et surtout moins influents, ces acteurs de la sécurité intérieure n’en considèrent pas moins qu’ils sont les grands oubliés des mesures qui ont été prises pour améliorer, a minima et à crédit, les conditions statutaires et de travail des policiers et des gendarmes. Ainsi, depuis le début du mois de novembre, plusieurs syndicats des branches privées de la sécurité ont-ils appelé leurs adhérents à des mouvements de grève. Dans un contexte où ils sont, eux aussi, particulièrement sollicités, ils demandent, à leur tour, des augmentations de salaire ainsi que l’amélioration des conditions d’exercice de leurs missions.

Ce malaise qui ronge l’ensemble des acteurs de la sécurité, qu’ils soient agents de l’État, des collectivités territoriales ou du secteur privé, montre une fois encore combien c’est d’une véritable refondation qu’a besoin ce domaine régalien qu’est celui de la sécurité intérieure en France.

C’est par un autre biais que le think tank Terra Nova, proche du Parti socialiste, aborde cette problématique. Le titre de son dernier rapport, “Police-population : comment rétablir durablement la confiance ?”, part en effet du constat que les relations entre la police et la population française ne seraient pas vraiment bonnes, et qu’il conviendrait, pour améliorer la situation et relégitimer l’action des forces de l’ordre, d’aller vers une police “généraliste, territoriale et de contact”. On ne peut s’empêcher, à la lecture de ces propositions, de voir resurgir la fameuse police de proximité chère aux gouvernements socialistes qui se sont succédé ces dernières années, et qui cherchèrent à imposer une pratique policière, le plus souvent en parfait décalage avec les réalités du terrain.

Mais, tout d’abord, ne convient-il pas de s’interroger sur le constat de Terra Nova selon lequel les relations police-population seraient mauvaises ? Les derniers sondages de popularité de la police en France faisaient apparaître des scores (entre 92 et 94 %) à faire pâlir d’envie n’importe quel homme politique. Par ailleurs, même en dehors de périodes exceptionnelles, telles que nous en vivons actuellement, ces indices de popularité se sont toujours situés aux alentours de 70 %. La question de la confiance n’est-elle donc pas à poser au système politique en place, et à celles et ceux qui le font fonctionner, plus qu’aux services de police et de gendarmerie qui agissent sur ordre ?

En réalité, c’est bien de la légitimité de ceux qui gouvernent qu’il est question. Dans leur immense majorité, les policiers et la population sont d’accord sur les remèdes qu’il conviendrait d’apporter. Reconquérir les territoires perdus de la République, sanctionner efficacement et effectivement les criminels, réinstaurer l’autorité de l’État dans tous les secteurs de la vie publique et sociale, doter notre pays de tous les moyens juridiques indispensables afin de donner aux juges et aux forces de l’ordre les moyens de leurs missions. Voilà quelles sont les priorités aujourd’hui. Pour la police de proximité, revue et corrigée par Terra Nova, attendons que la paix publique soit enfin rétablie, que le terrorisme et la criminalité soient éradiqués et que tous nos quartiers aient réintégré le giron de la République.

13 novembre 2016

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