Il en va ainsi dans la vie politique française ; soit une certaine façon de se braquer sur des problèmes ne se posant pas forcément de prime abord. La crèche Baby Loup, par exemple, à propos de laquelle la Cour de cassation nous dira bientôt s’il convient ou non qu’une femme voilée puisse s’occuper ou pas de nos enfants.

Voilà qui pose nombre de questions : Nabila en string ou Fatima en voile ? Musulman détendu ou punk à chien ? Pas facile, hein ? Ce, d’autant plus que planquer la poussière sous le tapis ne résout finalement rien.

Ainsi, chez les bambins de Baby Loup, si prohiber le voile pouvait passer pour victoire de la « République », il y a toujours un « après ». Et Le Figaro du 16 juin dernier de nous rappeler que la bonne tenue de cette crèche aurait plutôt tendance à se tirer en sucette, halal ou pas. Ainsi, « les parents musulmans demandent que les bonbons ne soient plus distribués à leurs enfants car ils contiennent de la gélatine fabriquée à partir de porc. Même chose pour le vinaigre de vin, le vin étant un alcool, donc interdit. Les petites assiettes en plastique à l’effigie d’animaux sont accusées de provocation car certaines d’entre elles représentent des petits cochons. On nous demande de pratiquer le délit de faciès. »

Honnêtement, voilà qui est très con. L’islam, au même titre que le christianisme, est une religion universelle. On peut être blanc de peau et être musulman ; foncé d’épiderme et professer la foi catholique. S’appeler Jean-Paul et aller à la mosquée ; se prénommer Youssouf (équivalent de Joseph en arabe) et hanter les églises. Mieux, l’équation Arabe = musulman n’a que peu de sens, sachant que les pays mahométans les plus peuplés au monde n’ont rien d’arabe, s’agissant de l’Indonésie, de l’Iran, de la Turquie, de l’Iran ou du Pakistan. Et foutre la paix aux cochons, tant qu’à faire…

Mais revenons en nos chrétiennes contrées. Là où les infortunées directrices de la crèche en question en sont réduites à s’arracher les cheveux : « Mettre les musulmans à la même table. Impossible, car je ne sais pas qui est musulman. » Réponse d’autres parents : « Vous le voyez bien à la tête des enfants et à leur nom », tente un père. Réponse : « Je connais une Maria qui n’est pas catholique et un David qui n’est pas juif […] Nous voulions prôner l’équité, l’intégration, et voilà que l’on me demande de pratiquer le délit de faciès. On me fait alors passer pour une ultra-féministe laïcarde… »

Le même quotidien nous apprend également que « des parents Témoins de Jéhovah exigent que leurs enfants soient exclus des fêtes de Noël, considérées comme des célébrations païennes. […] Tandis que des hindous veulent interdire le bœuf de la cantine. »

Il y aurait peut-être une solution, à la française, consistant à remettre tout le monde sur le même plan, y compris le personnel encadrant. Pas la peine de prendre des lois d’exception. Juste de prendre exemple sur ce qui se passe déjà en France ultramarine ; en Martinique, par exemple. Là où collégiens et lycéens arborent tee-shirts aux couleurs de leurs écoles respectives. Avec jeans propres et tennis blanches. Tout le monde est logé à la même enseigne. Et Dieu sait si, en ces contrées, ethnies et confessions se bousculent dans les préaux. Et personne ne s’en plaint ; bon signe…

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