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Culture - Editoriaux - People - Politique - Société - Table - 25 octobre 2016

Poisson franchira-t-il le Rubicon ?

Sincèrement, on ne souhaite pas à le triste sort de Mme Boutin. On se souvient que la dame patronnesse des Yvelines s’était retrouvée embringuée, en 2007, dans le très baroque gouvernement Fillon, concocté par Nicolas Sarkozy. La chaisière s’était retrouvée « sœursiamoisée » avec Fadela Amara. La première avait été nommée ministre du Logement, la seconde secrétaire d’État, chargée de la Politique de la ville.

Celle qui avait obtenu 1,19 % des voix aux élections présidentielles de 2002 avait son maroquin ; elle n’allait tout de même pas faire sa difficile en se voyant adjoindre à son ministère l’ancienne présidente de Ni pute ni soumise qui, au fond, n’était pas une si mauvaise fille, quand on y pense.

Jean-Frédéric Poisson, incontestablement, est d’une autre trempe et mérite beaucoup mieux. Avec lui, on comprend tout de suite qu’il ne suffit pas de faire sonner les cloches pour défendre les racines chrétiennes de notre pays et qu’il n’est pas interdit, non plus, d’être intelligent pour le faire. Comme disait Talleyrand : « Je n’ai jamais cru que les oies ont sauvé le Capitole ! »

Oui, Jean-Frédéric Poisson mérite mieux que de se retrouver dans un gouvernement où l’on verrait, en vrac, NKM, Jean-Christophe Lagarde, Jean-Pierre Raffarin, pour qui, désormais, le mariage homosexuel est une loi d’airain, et, pour faire bonne mesure, un Maël de Calan qui fait commerce de taper à temps et contretemps sur le Front national.

Mais rassurons-nous – Dieu merci, dirais-je même -, avec l’affaire des « lobbies sionistes », le danger de se retrouver « boutinisé » semble définitivement écarté pour Jean-Frédéric Poisson. Le tribunal de la bien-pensance, même avec les regrets de M. Poisson, a sans doute tranché.

D’autant qu’on apprend que Jean-Frédéric Poisson, interrogé le 24 octobre par Lyon People, à l’occasion d’une réunion publique à Écully, sur ce qu’il ferait en cas de second tour entre le candidat des Républicains et le Front national, a fait une réponse qui frise l’hérésie et frôle carrément les barbelés :

« On verra. Plus je vois évoluer Alain Juppé, plus je me dis que le projet de société multiculturelle qui a mis la France par terre est décidément à côté de la plaque. Et puis, il peut se passer beaucoup de choses en six mois. »

Pour sauver sa candidature à la primaire, M. Poisson aurait renoncé, selon une information de France Info, à participer au meeting de l’« union des droites » organisé par Robert Ménard le 12 décembre. Cela suffira-t-il ? Un chemin d’expiation, pieds nus, en chemise autour de la place de la République, serait le bienvenu. À l’heure où j’écris ces lignes, on ne sait pas ce qu’il est ressorti de son audition devant le comité d’organisation de la primaire, suite à ses propos sur les « lobbies sionistes ».

Les oies n’ont peut-être pas sauvé le Capitole, mais il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne. Puisque nous faisons un détour par Rome, notons que le Rubicon, par endroits, peut aussi être franchi à gué. Il suffit de se mouiller. Qu’on me pardonne cette facilité, mais pour un Poisson…

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