[POINT DE VUE] Simulation du viol d’une statue de la Vierge : l’honneur corse
Rappelons d’abord les faits. Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre, deux « jeunes » complètement ivres, qui étaient apparemment présents sur l’île de Beauté pour y occuper un emploi saisonnier, se sont filmés en train de simuler le viol d’une statue de la Sainte Vierge, avant de l’arracher de son emplacement (un rond-point à la sortie de Porto-Vecchio) et de la jeter au sol. Ils ont été rapidement interpellés, puisqu’ils faisaient du stop, hagards, à 300 mètres de là. La police les a placés en garde à vue. Sur le Continent, on les aurait peut-être libérés le lendemain et un quelconque insoumis aurait probablement fustigé une police théocratique qui ne permet même pas à de braves jeunes gens de s’amuser un peu avec les symboles religieux. Et puis, allez savoir si cette statue n'occupait pas l'espace public en violation de la sacro-sainte laïcité... Seulement voilà : on n’est pas sur le Continent, et les profanateurs l’ont très vite compris.
Très rapidement, la paroisse et la mairie ont porté plainte. Le motif de leur mise en examen semble venu d’un temps où la France était chrétienne : « dégradations graves en réunion de la statue de la Vierge Marie au préjudice de la paroisse et de la mairie de Porto-Vecchio ». Le maire a d'ailleurs annoncé que la statue mariale serait remplacée dans les plus brefs délais, « conformément à nos traditions, aux souhaits des Porto-Vecchiais et à notre volonté politique ». Une centaine de personnes se sont rassemblées le lendemain devant la gendarmerie pour dénoncer cet acte indigne. Un cercueil portant les noms des deux coupables présumés a été déposé à cette occasion devant les grilles du bâtiment prévôtal. Interdits de paraître en Corse, pour leur propre sécurité, avant leur procès qui doit avoir lieu le 16 novembre à Ajaccio, les deux hommes, âgés de 21 et 23 ans, devaient être expulsés par avion. Il n’en a rien été : sur le tarmac, d'autres Corses vindicatifs les attendaient. Ils étaient même tellement vindicatifs que le pilote a refusé de décoller et que les voyous ont dû passer une nuit de plus, probablement sans excès de sérénité, en Corse.
D’ailleurs, on ne sait pas où ils ont dormi. En effet, l’hôtel dans lequel une chambre leur avait été réservée a refusé de les accueillir, en voyant qu’il s’agissait des profanateurs de la statue de la Vierge. L’hôtel en question, du nom de Campo dell’Oro, s’est d’ailleurs fendu d’un communiqué sans ambiguïté sur Facebook, qui se termine, avec une sévérité presque médiévale (dans le meilleur sens du terme), par ces mots : « L’hôtel Campo dell’Oro n’a à aucun moment accepté, en connaissance de cause, d’héberger ces personnes débris de l’humanité. » Pas très politiquement correct...
Dernier épisode médiatique : sur Facebook, l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni s’est voulu défenseur d’une position médiane. Il a confirmé que les profanateurs feraient mieux de partir (« Quant aux principaux concernés et à tous ceux qui ignorent le sens du mot "respect", il n’y a aucune place pour eux en Corse »), mais a condamné les appels au lynchage, au nom de « ce que nous sommes, des chrétiens et des membres d’une nation qui a su instaurer un État de droit dès le XVIIIe siècle ». Voilà qui est clair.
À la lecture de cette histoire, comment ne pas ressentir de l'admiration pour ces Corses au cœur de feu, pour qui l’honneur et la décence signifient encore quelque chose… Dans le domaine de la résolution de problèmes, l’école corse a probablement beaucoup de choses à apprendre à notre Hexagone sous morphine.







































94 commentaires
Un Corse devrait se présenter à l’élection présidentielle.
Tout d’abord, j’exprime toute ma solidarité envers ce noble peuple corso, un peuple également chevaleresque. Car, après tout, la Vierge est aussi une dame, une femme. Et je dis cela parce que… où sont les féministes? Les a-t-on entendues prononcer le moindre mot? Non
Wouah ! Bravo les Corses. Ils devraient organiser des stages intensifs pour le continent…
Enfin un peuple chrétien qui « en a »!
La Corse. Avec « Mateo Falcone », tout un folklore de l’honneur. Sauf que ce n’est pas seulement à cause de sa situation géographique qu’elle fut la première partie de la France à être libérée. La France « Une et indivisible » n’est pas pour autant homogène. Il y a un certain nombre d’années en Pays basque de gros rassemblements ont stoppé net des manips « relevant de l’entrisme ». Si on y ajoute à cela ce que nous a révélé le voyage de Léon, on peut-être se dire que le pire n’est jamais sûr.
Macron devrait s’inspirer de l’état d’esprit des CORSES. Eux au moins ont le sens du devoir. L’Hôtel a eu raison de refuser de les héberger. C’est dans une prison que ces créatures du diable doivent attendre avant d’être expulsés.
La bassesse n’a pas de limite ..