[POINT DE VUE] États-Unis : les partisans de la peine de mort plus humains que ceux de l’euthanasie ?
Elle s’appelle Christa Pike et elle a 50 ans. Depuis trente ans, elle attendait le jour de son exécution capitale dans une prison du Tennessee. En 1996, alors qu’elle avait dix-huit ans, elle avait été condamnée à mort pour le meurtre d’une camarade de classe, sur fond de rivalité amoureuse. On devait la faire mourir par injection létale ce 30 septembre, après que la Cour suprême, quelques heures plus tôt, avait rejeté une dernière tentative de suspension de cette exécution. Au jour dit, on lui a donc injecté du pentobarbital et on a attendu. La condamnée aurait dû plonger dans un long et fatal sommeil. Il n’en a rien été. Elle a survécu.
Transportée en urgence à l’hôpital, elle est actuellement en soins intensifs. On ne sait pas si son pronostic vital est toujours engagé. Ce qui est intéressant, c’est la réaction de l’État du Tennessee. Le gouverneur de cet État, dans lequel aucune exécution capitale de femme n’avait eu lieu depuis deux siècles, a immédiatement suspendu les exécutions pour le reste de 2026 dans le Tennessee et l’opinion publique américaine semble choquée de ce grain de sable dans la machine de mort.
À l’heure actuelle, on ignore encore si la condamnée à mort sera finalement exécutée ou non. Il semble qu’un certain nombre de circonstances atténuantes, notamment les violences sexuelles dont elle avait été victime dans son enfance, ainsi que son état psychiatrique, n’aient pas été prises en compte lors de son procès. Amnesty International et d’autres souhaitent que la peine de Madame Pike soit commuée en réclusion. On verra bien.
« Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral »
Ce qui est intéressant, c’est la surprenante humanité des partisans de la peine de mort, à mettre en rapport avec l’absence d’humanité (beaucoup moins surprenante) des partisans de l’euthanasie. Lorsqu’il a été constaté que Christa Pike avait survécu à son injection létale, elle a immédiatement été transportée à l’hôpital et soignée comme n’importe quel être humain, en vertu du serment d’Hippocrate. On prend souvent les Américains pour un peuple violent et inculte, mais, en la circonstance, leur comportement empreint d’une humanité devenue extraordinaire devrait faire honte à l’Europe.
Dans les pays du Vieux Continent qui ont autorisé l’euthanasie, quand on a décidé de mourir, on meurt, et puis c’est tout – quitte à ce que ce soit fait salement. Vous souvenez-vous de cette femme belge qui devait être euthanasiée et a survécu à l’injection ? L’infirmière l’avait étouffée avec un oreiller, par souci d’humanité et d’« aide active à mourir », sans doute. Une telle barbarie n’est même pas venue à l’idée du personnel de l’administration pénitentiaire américaine. Chez nous, on parlait de supprimer la clause de conscience du personnel médical. La mort ! La mort à tout prix ! Chez les Américains, que nous prenons pour des barbares parce qu’ils continuent à exécuter leurs criminels, on a la main qui tremble un peu plus – ce qui n’est pas si mal, car supprimer une vie humaine est tout sauf anodin.
Il serait bon que nos politiciens, tellement heureux de voir se multiplier la mort programmée des enfants, des vieillards et des infirmes, s’interrogent sur cette anecdote qui n’en est pas une. Elle a valeur d’allégorie. En quelque sorte, les partisans de la peine de mort sont plus humains que les défenseurs de l’euthanasie. Les uns sursoient à l’exécution des coupables, les autres sont ravis de pouvoir légalement tuer des innocents. Décidément, comme le disait le pape le week-end dernier, « ce qui est légal n’est pas nécessairement moral ». Et à cela, aussi, d’ailleurs, il faudra réfléchir, un de ces jours.
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31 commentaires
Condamné ou « suicidé » ? La destination est la même, mais le chemin diffère.
Un 3ème existe avec la perpétuité et les soins palliatifs, mais celui-là semble bien compliqué à prendre.
Mr Florac est il ironique quand il accuse une infirmière de « barbarie » parce qu’elle a utilisé un oreiller pour accélérer la mort de quelqu’un dans le coma ? ( Quelqu’un en fin de vie et qui avait peut être demander à mourir, on ne sait pas car mr Florac se complait dans la confusion, sous le terme unique d' »euthanasie », du suicide assisté réclamé par le malade lui même avec d’autres situations totalement différente comme par exemple la peine de mort pour des malades mentaux qui demande à vivre)
Si tous les barbares étaient comme cette infirmière, le monde finirait peut être par ne plus bien voir la barbarie, et ferait moins de cauchemars sur son oreiller.
Souvent, la barbarie est une question de point de vue. Je vais dire des choses qui ne plaisent pas avec risque de censure, mais le fameux Himmler trouvait que la Shoas par balles était barbare et il lui fallait trouver un mode de mise à mort plus…humain ! En plus, pour les tireurs criminels c’était des moments difficiles, ils étaient en dépression nerveuse, mais oui, il comprenait…Quant aux barbares, nos anciens grecs trouvaient les Perses « barbares ». Pourtant la Perse avait une belle et fabuleuse civilisation et si les Grecs en étaient aux histoires de dieux, les Perses en étaient déjà, comme les Hébreux, au dieu unique !Barbare, parce que les Grecs n’avaient pas d’Assimil et ne comprenaient pas les Perses qui parlaient bla bar bla bar bar…
Sans aucun doute, il est plus moral et plus humain d’éliminer les barbares qui tuent et mutilent les innocents, que d’éliminer d’honnêtes gens dont la seule faute est d’être malade. Il ne faut pas oublier qunen France, les séjours en prison sont plus confortables que ceux en maison de retraite où les résidents payent au moins 3000 € par mois. Une fois de plus, ce sont les innocents qui payent …
Il est logique d’avoir interrompu les procédures d’exécution par barbituriques le temps de comprendre ce qui a dis fonctionné. Ce serait ballot de remplir les hôpitaux avec des « tentatives d’exécution ». Il y a déjà suffisamment de lits occupés par des « tentatives de suicide ».
et des « tentatives d’évasions »…
Mr Florac regrette t’il l’humanité des bourreaux ? A leur place, il aurait achevé l’exécution de la condamnée car il est pour une plus grande efficacité au travail et partisan de la peine de mort.
Ou au contraire estime t’il, que cle cas de Christa est à ajouter à la longue liste de ceux qui plaident conte l’abolition de la peine de mort ? En l’occurrence peut on tuer une personne en souffrance mentale après une agression sexuelle ?
En imaginant de Christa est effectivement malade, est il humain de garder en prison des malades ? Et si elle demandait à mourir plutôt que de rester en prison ou être enfermée en institution psychiatrique, mr Florac lui refuserait cette grâce au non de la lutte contre l’euthanasie, pour une humanité supérieure ?
Il vaut donc mieux tuer les malades et les vieux que les criminels ?
Mr Florac fait il semblant de ne pas comprendre pour pouvoir dire n’importe quoi ?
Christa Pike n’a pas demandé à mourir et donc son cas n’ a rien avoir avec la récente loi sur le suicide assisté. Il semble au contraire qu’elle soit très attachée à la vie et lutte depuis 30 ans contre sa condamnation à mort.
Confondre le problème de la peine de mort pour les criminels et celui de l’assistance au suicide des souffrants, c’est ajouter à la confusion du monde. Seule la vérité libère, le Pape a raison, et mr Florac s’enferme dans ses idées. Attention à garder un esprit plus chrétien, ouvert, et ne pas nous enfermer avec lui.
le député français rapporteur de la loi de mort possède lui la bonne recette. il souhaite enfaite protfiter le plus grand nombre .
Oui
Bien sur que la question de l’euthanasie est délicate… Mais elle aurait incontestablement méritée un autre traitement qu’un article aussi caricatural.
Ce qui est choquant surtout c’est le délai de 30 ans entre la condamnation et l’exécution de la sentence. Très bon parallèle avec l’euthanasie ou plus joliment dit « mort assistée » et ce paradoxe : se réjouir qu’une criminelle soit sauvée et se taire quand un vieillard ou un malade est achevé…
J’aurais plutôt apprécié un article sur cette nonagénaire violée et massacrée en France il y a quelques jours à peine par un émigré alcoolisé et OQTF …rien d’autre , désolé
C’est devenu tellement banal ! Alors que survivre à une exécution………….
Si la Justice au sens spirituel du terme a fait que cette femme survive alors que la sentence a été appliquée dans les règles,il convient donc de ne plus la condamner une autre fois à mort car là,ce serait injuste et pourtant je suis un partisan de la peine capitale.Elle a survecue dans les règles sinon peut dire,alors grâce lui doit être faite.
Elle a tué avec tortures……….pas trop de pitié à avoir.
L’euthanasie, souhaitée par les personnes à bout qui la désirent est un geste de grande humanité.
« ce qui est légal n’est pas nécessairement moral ». Ni logique…