Ainsi donc, Emmanuel Macron vient d’atterrir en Israël. Il n’a été accueilli par personne ; ni tambours ni trompettes, peut-être parce que c’est la guerre, peut-être parce que tout le monde s’en fiche, allez savoir. Netanyahou s’était déplacé pour Joe Biden, mais, pour les petites gens, il n’envoie que le chef du protocole qui, seul donc, attendait Macron en bas de la passerelle pour bien lui montrer qu’il n’était pas considéré comme un interlocuteur valable. Mais qu’importe à notre chef, qui se sent des qualités de diplomate et qui s’est donné pour mission de réconcilier le gouvernement israélien et le Hamas, qui règne sur la bande de Gaza. Vaste programme.

Emmanuel Macron devait commencer par rencontrer des familles de victimes françaises de l’attaque du Hamas. Il a ensuite vu le Premier ministre de l’État hébreu, Benyamin Netanyahou, le président Isaac Herzog, le ministre sans portefeuille Benny Gantz, ainsi que Yaïr Lapid, le chef de l’opposition. Enfin, il a été reçu à Ramallah par le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Précisons immédiatement que ce programme grandiose s'est déroulé dans des circonstances conformes à la place qui est désormais celle de la France sur l’échiquier mondial : Macron a reçu les familles de victimes dans un salon de l’aéroport Ben-Gourion. Sic transit…

Parmi les objectifs annoncés par les services de l’Élysée, il y a la création d’un État palestinien (quelle originalité !), mais aussi une « trêve humanitaire » que le chef de l’État compte obtenir pour laisser survivre Gaza. Il y a là de quoi se mettre à dos le gouvernement israélien : Netanyahou a la ferme intention de transformer la bande de Gaza en parking et n’a laissé passer que quelques camions pour ravitailler les Palestiniens. Il ne saurait être, pour eux, question d’un État palestinien ni d’une pause dans un conflit dont les commencements ont été atroces, comme l’a vu, récemment, une délégation de journalistes lors d’une projection organisée par Israël à Paris. Cela n'est pas allé beaucoup mieux avec Mahmoud Abbas : Macron a qualifié le Hamas d’organisation terroriste (en quoi il n’a pas tort) mais l’a aussi comparé à Daech. On se souvient, par ailleurs, que Macron avait le projet de trouver un successeur à Mahmoud Abbas. Pas le meilleur point de départ pour des négociations apaisées, on en conviendra.

Diplomate d'opérette

Enfin, et c’est là le plus grave dans cette visite au rabais, le déplacement de Macron intervient au bout de quinze jours de guerre, comme si le chef de l’État avait longtemps tergiversé sur la conduite à tenir. On peut comprendre que, quand on dirige un pays déjà colonisé par une importante minorité arabo-musulmane qui déteste ses hôtes, on hésite à encourager Israël sans ambiguïté. On peut le comprendre, oui, mais pas l’approuver. Même si le conflit israélo-palestinien est marqué depuis le début par des atrocités dans les deux camps, il y a cette fois, sans le moindre doute, une attaque du Hamas, avec une cruauté volontairement spectaculaire, filmée à dessein pour provoquer un embrasement rapide et important. Le Hamas savait qu’il fallait polariser les haines, mais Macron l’ondoyant est incapable de prendre parti. Pour preuve, d’ailleurs : parmi ses objectifs, il y a la fin de la colonisation par les Israéliens des territoires palestiniens. L’objectif est juste, car cette colonisation est illégale et ultra-violente, mais ce n’est pas le moment.

Sauveur dont personne n’a besoin, diplomate d’opérette, hâbleur ringard, Emmanuel Macron est parti, à la manière d’OSS 117, des photos de lui plein les poches, pour pacifier le monde arabo-musulman. Sera-ce « l’occasion de porter [s]on smoking en alpaga » ? On ne sait. En tout cas, à force de maladresse et de vanité, il pourrait bien être l’un de ceux par qui l’apocalypse arrive. Il vient d’ailleurs, révèle le journaliste Jean-Jérôme Bertolus, sur X, de proposer que la coalition internationale contre Daech en Syrie et en Irak (coalition à laquelle participe la France) étende son périmètre à la lutte contre le Hamas. C’est, décidément, méconnaître toute la complexité des nébuleuses terroristes, des jeux de pouvoir au Moyen-Orient… et de la souveraineté des États. À moins qu’il ne pense que « tout ça, c’est des Arabes » : on sait que les politiciens les plus tolérants en apparence sont les plus volontiers enclins, par inculture, à des raccourcis racistes.

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24 octobre 2023 à 18:45

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68 commentaires

  1. « Il propose que la coalition internationale contre Daech en Syrie et en Irak (coalition à laquelle participe la France) étende son périmètre à la lutte contre le Hamas. » Ce qui était valable pour l’Irak et la Syrie, n’est plus valable ici. Il ne comprend rien à la complexité de la situation. Il n’y a donc aucun diplomate français pour lui expliquer la situation ? ah ! il a supprimé le corps diplomatique français ! Mince alors…

    Netanyahou a reçu le petit par respect pour les Français, tout en étant triste de voir que ceux-ci sont dirigés par un ectoplasme insignifiant.

  2. la France est dans les bas étages de la diplomatie internationale, et là on l’a bien vu, tout le monde s’en fout qu’il brasse de l’air, lui le péteux à qui il a fallu 17 jours pour se décider à aller en Israël, quelle honte mais qui a pu voter pour lui, lui qui pendant 5 ans a pourri la représentativité de la France, nous ne devons notre 6ème puissance qu’au fait que nous ayons le nucléaire (merci De Gaulle) sans cela on serait au niveau du Burkina faso

  3. Pauvre Macron !
    Il ne comprend rien à rien, comme d’hab ; c’est sa religion, mettre son grain de sel toujours où il ne faut pas.
    Qu il commence par juguler l’immigration exponentielle dans notre pays et çà sera déjà pas mal.

  4. Depuis sa création, Netanyahou a aidé financièrement le Hamas. Netanyahou en 2019 à la Knessett « Quiconque veut empêcher la création d’un État palestinien doit soutenir le Hamas et lui transférer de l’argent. Cela fait partie de notre stratégie : isoler les Palestiniens de Gaza des Palestiniens de Cisjordanie. » La solution finale de l’extrême droite du gouvernement Netanyahou est la dévastation de Gaza et l’espoir tordu que cela entraînera une émigration massive des habitants de Gaza loin de la frontière israélienne.

  5. Macron sort de l’ENA. Tout ce qu’il sait faire, ou devrait savoir faire, c’est gérer des administrations, faire des tableaux Excel et peut-être prendre des décisions, s’il a suivi les cours. Alors la politique internationale et toute ses subtilités, ça lui échappe. N’a-t-il pas décidé de supprimer le corps des ambassadeurs car il ne sait pas à quoi ils servent. C’est une ligne de coût dont ils ne voit pas les bénéfices (il ne sait pas mettre de chiffres en face).

  6. En 2022, la fin de la macronie sera célébrée par un requiem en souvenir d’une France qui fût une grand Nation car quand on voit les gesticulations de ce pantin on n’ a pas assez de larmes pour pleurer.

  7. Macron est Macron, il parle, il glose comme d’habitude mais qui l’écoute?. C’est une opération de politique intérieure pour calmer la cinquième colonne. Les solutions proposées sont irréalistes pour l’instant et décalées. Rappelons nous ses grands oraux, manches de chemises relevées après la crise des Gilets jaunes qui ne furent que des flops. Alors il continue de faire ce qu’il sait faire: parler.

  8. Je ne supporte plus sa familiarité envers quiconque.
    Toujours à serrer la main de l’autre avec les deux siennes pour faire viril, prendre des airs de veuve explorée et embrasser dans le sens noble du terme, entourer des bras, des personnes qu’il ne connaît pas, dont il se moque complètement, mais « ça fait bien » pour les caméras.
    Les gens ne sont pas (plus) dupes de ses effusions grotesques.
    Aller en Israël pour y mettre son grain de sel, et être incapable de réguler la scandaleuse vague gaucho-pro-palestienne en France.
    Trop c’est trop !

  9. Il me fait penser à cet Abbé de cour si bien interprété par Bernard Giraudeau dans le film ridicule…Et ridicule, il l’est… L’ennui, c’est qu’il ridiculise la France…

  10. Ce que j’ai pu constater c’est que « le président diplomate » a passé plus de temps chez le corrompu Mahmoud Abbas que chez l’Israélien Netannyahou. J’en veux pour preuve l’interminable discours, traduit en arabe, qu’ l’on a dû subir hier soir, je suppose sur toutes les chaînes et j’étais à deux doigts de zapper si ce n’était l’heure attendue de Christine Kelly et de ses mousquetaires.

  11. Disons pour faire court que macron fait du macron. D’ailleurs les pays qui le reçoivent l’ont bien compris, maintenant ils le font passer par la porte de service.

  12. Il concrétise bien le proverbe : on a que l’importance qu’on veut bien se donner . Pauvre pauvre type incapable de faire du concret en France sinon de la détruire. Caniche des Américains, carpette devant l’UE. Sans ces drames épouvantables
    on serait tenter de rire.

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