[POINT DE VUE] Adieu BB (1934-2025), icône sensuelle et madone de la tendresse
Brigitte Bardot vient de s’éteindre, paisiblement, à Saint-Tropez. Elle avait 91 ans. Sur la plage désormais abandonnée pour de vrai, il n’y a pas que les coquillages et les crustacés qui déplorent la perte de l’été. À tout jamais, il ne reste sans elle que le paysage provençal qui l’accompagnait depuis que, pas encore quadragénaire, elle mit un terme à une carrière cinématographique incandescente et météorique.
BB était née dans une famille de haute bourgeoisie et grandit dans le XVIe nord, une région de France qui ne produit plus guère aujourd’hui, au milieu des grands immeubles modianesques, que des fortunes plus ou moins récentes et des influenceuses mineures. Elle avait fait de la danse, mais ce qu’elle aimait, c’était le théâtre. Son visage mutin, loin de la beauté classique des canons de l’époque, sa diction qu’on disait paresseuse, devinrent des atouts. Et puis, bien sûr, il y avait la splendeur de son corps, fait pour le plaisir et le soleil. Les ménagères des années 50 la détestaient : n’était-elle pas celle avec qui leurs maris rêvaient de les tromper ?
Et Dieu... créa la femme
Révélée par Et Dieu… créa la femme, où elle danse un mambo endiablé, que l’époque jugea pornographique, BB multiplia les provocations, pas par goût de la pose mais parce qu’elle était souverainement libre. Chanteuse (grâce à Gainsbourg, notamment), actrice bien sûr (y compris sur les planches dans une pièce d’Anouilh), elle fut l’icône des sixties élégantes et sexy. Libre… et patriote aussi, un cocktail assez français : farouchement gaulliste, elle fut reçue à l’Élysée où elle se rendit vêtue d’un dolman de hussard. Elle fut également au chevet des blessés de la guerre d’Algérie, à l’invitation d’un jeune officier parachutiste qui s’appelait Jean-Marie Le Pen, alors que, précisera ce dernier, « elle n’était rien moins que militariste ». En effet, contrairement à la tunique de honte que lui tissèrent les gauchistes dans la deuxième partie de sa vie, BB n’était pas « fasciste », et pas violente pour deux sous. Elle ne cherchait que la tendresse, qu’elle ne trouva jamais auprès des humains.
C’est d’ailleurs l’autre versant de sa personnalité, un versant qui complète, d’une manière étrange mais pas du tout absurde, comme un calque supplémentaire sur un tableau cubiste, le profil de Brigitte Bardot. Tendre et douce, mais profondément blessée aussi, BB consacra 42 des 91 années de sa vie à la défense des animaux. Elle aimait soigner leur détresse, elle aimait les sauver de la méchanceté du monde, non pas avec la haine de la civilisation qui caractérise souvent les écolos crasseux, mais avec un émouvant amour de la fragilité. Elle s’éleva contre la corrida et l’abattage halal. Sur la corrida, l’opinion médiatique n’avait rien à redire, mais sur l’égorgement rituel, il ne fallait surtout pas dire la vérité, pensez donc.
Souverain dédain
Elle s’en foutait. Elle avait acquis, dès la quarantaine, un souverain dédain de ce que l’on pouvait penser d’elle. On l’avait tant désirée et tant haïe : elle mesurait la superficialité des enthousiasmes, comme celle des détestations. Aussi ses prises de position étaient-elles à son image : souveraines.
BB avait refusé de tourner pour Visconti et d’incarner Teresa di Vicenzo, James Bond girl du plus émouvant opus de la saga, Au service secret de sa majesté. Le rôle ira à Diana Rigg, qui s’en tira magnifiquement, mais qui n’était pas BB. Comme toutes les vraies stars, elle ne laisse donc pas seulement le souvenir de ce qu’elle a fait, mais aussi le regret de ce qu’elle aurait pu faire…
Adieu donc, Brigitte Bardot, mi-pin up, mi-cariatide, 100 % fière et libre, 100 % française aussi. Elle avait été notre fiancée brûlante, elle meurt dans le rôle d’une grand-mère de légende. La page des Trente Glorieuses est décidément bien triste à tourner.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR





































110 commentaires
Sur la plage abandonnée
Coquillages et crustacés
Qui l’eût cru! Déplorent la perte de l’été
Qui depuis s’en est allé…
Brigitte Bardot nous a quitté, l’été aussi…et l’on se sent seul et abandonné.
« Elle laisse donc pas seulement le souvenir de ce qu’elle a fait, mais aussi le regret de ce qu’elle aurait pu faire ». Ah que oui, comme aurait dit Johny. J’ajoute qu’elle était tout à fait inconsciente de l’impact qu’elle pouvait créer, doutant sincèrement d’elle-même, de sa beauté (entretiens avec Pivot). Par là, son animalité était entière, elle ne l’avait pas bradée en compromis douteux. Fondamentalement, elle était gaulliste, revêtant un uniforme de fantaisie quand elle se rendit à l’Elysée à l’invite du général. Il eut un mot amusant pour elle. Personne ne pourrait aujourd’hui prendre la relève. La vérité qu’on nou sert est aux mains des sophistes, la démocratie a été détournée, nous n’osons plus appeler un chat un chat. Nous ne sommes même plus digne de la conditions animale.
Oui les trente glorieuses et heureuses sont terminées la disparition de BB nous rappelle avec douleurs qu elles ne reviendrons pas.
Oui… toutes les « qualités ». Juste qu’elle a cocufié tous ses maris ( sauf le dernier !), négligé son seul enfant, pas un modèle de vertu donc. Mais quelle « femme » cette B.B. !
Et vous ? Seriez vous un « saint » à vouloir trouver des défauts chez tout le monde
Désolé, mais vous devriez savoir que tout le monde a des défauts !
Même vous … et moi.
J’avoue avoir pleuré hier quand j’ai appris la nouvelle hier matin sur les RS
Elle était exceptionnelle, elle était BB
Quand je vois des commentaires de médias gauchistes haineux, tout ça parce qu’elle n’était pas de leur « camp », qu’elle était pour les animaux et contre l’abatage rituel….
Une femme d’exception, une grande tristesse de la savoir partie, et un grand respect pour son œuvre à l’égard des animaux.
Je suis « afficion » de course de taureaux et…chasseur. Quoiqu’un temps quelque peu insulté par « l’icône » comme mes congénères, je me permets de me joindre à l’hommage au personnage qu’elle fut, avec ses grandeurs et ce qui fut, pour moi et ce que j’en conçois…moins élevé !
Adieu BB. Voilà une femme qui a toujours été vrai, sans fard. Elle a vécu libre jusqu’au bout. « Droite dans ses bottes ». Restant elle même sans le cacher. Acceptant la vie sans tricherie. Là où d’autres s’imaginent qu’elle resterons ce qu’elle ont été à 20 ans, à coup de botox et de chirurgie esthétique qui leur font les lèvres comme des rebord de pots de chambre… et qui finissent à ressembler à des momies qui ne peuvent plus rire de peur que leur peau tendue et retendue craque quelque part. Une vraie Femme. Pas comme celles qui ont tout accepté pour être en haut de l’affiche et qui, une fois qu’elle y sont, se mettent à crier au viol,des qu’un homme leut fait un clin d’œil… elle, elle laissera un souvenir, comme Gabin dont on parle encore 50 Ans après sa mort, comme Bebel, comme Delon, comme Johnny. Elle aura profondément marqué son époque quand d’autre n’auront fait que passer, commencer par les jaloux de « libé ». RIP, BB.
Une parole libre comme il n’y en a plus. Reposez en paix.
Elle nous parle d’un temps que les moins de 50 ans ne pourront plus connaître. Ce temps où le progressisme s’appelait encore le progrès et où l’on parlait de B.B. et non pas de BoBos !
Tendre et douce ? Demandez à son fils et à ses petites filles ce qu’ils en pensent ? Elle aimait les animaux, pas son bébé. C’est horrible ce qu’elle écrit à propos de sa grossesse. « Tendre et douce » … comment pouvez vous écrire ça ?
J’aime les gens sans défauts! ILS savent tout.
Je m’attendais à ce genre de commentaire aigri….
Des vérités sont parfois dures à dire et admettre, mais pourquoi les cacher ?
D’accord avec vous Camandre. Cette magnifique femme à la beauté surnaturelle ne mérite pas le déluge incroyable de dithyrambes que l’on peut lire ici et ailleurs. Beaucoup aujourd’hui qui la portent au pinacle sont certainement les mêmes qu’il y a 50 ans critiquaient sa vie quelque peu dissolue pour l’époque. Elle a aimé les hommes mais ce n’était pas par humanité. Alors un peu de retenue dans les éloges serait bienvenu et paix à son âme.
A son époque elle faisait rayonner la France dans le Monde et d’ailleurs le Général De Gaulle disait …… la France c’est Brigitte Bardot, la Tour Eiffel et moi !
Mon beau père qui était pied noir, m’a dit qu’il était postier dans le Var au retour d’Algérie, dans le début des années 60 ,et a rencontré Brigitte Bardot pour lui remettre des plis . Il la citait comme étant d’une grande simplicité .
Brigitte bardot avait l’âge de mourir, et elle n’est plus. J’ai perdu une amie proche, tellement j’ai été de ses combats et de sa personnalité. 39 ans, encore belle, et quitter le cinéma ! Vraie féministe, tout en refusant le terme. Elle est une leçon à toute cette clique féminine du milieu culturel, et de ces féministes à sens unique.
Merci BB.
Je me rends compte que plus les années passent , mes Artistes ,mes Acteurs de Cinéma ( Jean Gabin..Lino Ventura..Belmondo…Alain Delon….Yves Montant ..Bernard Blier….Jean Poiret…Jean Carmet ….et bien d’autres ) mes Chanteurs Préférés (( Johnny Hallyday.. Dalida..Aznavour….Christophe….C. Jerôme… Gilbert Becaud….Brel…Michel Delpech…etc ) qui ont baignés toute ma jeunesse et une grande partie de ma vie ( 77 ans ) s’éteignent lentement ….LA GENERATION DES BOOMERS ( 1945…..1960 ) va disparaître petit à petit…..après BRIGITTE BARDOT….( une icône éternelle )….il nous reste encore LINE RENAUD ( 97ans)…..après FIN DE CLAP….j’espère que la jeunesse qui va va nous remplacer connaîtra les mêmes joies et le même bonheur que nous avons connus ( ce dont je doûte ) après notre disparition…..QUI VIVRA VERRA….
Cela m’a fait un choc car en effet, j’ai réalisé que c’était la « dernière » des Grands
Reste Line Renaud mais c’est différend pour moi, je ne sais comment l’expliquer et Catherine Deneuve, que je n’ai jamais vraiment apprécié
Aya Nakamura joue un peu à Brigitte Bardot mais ce l’imitation!………
Ah bon ? il va falloir pas mal de paire de lunettes pour ceux qui voient BB en Aya …..
Bien dit Dominique. Je n’écris pas, vous avez tout dit.
« Madone de la tendresse » ? Pour son fils ?