Editoriaux - Politique - Union Européenne - 16 décembre 2014

Plébiscite français pour Angela Merkel !

François Hollande a bien besoin des conseils de la chancelière allemande pour… gagner en popularité ! Avec 21 % de Français satisfaits, selon le baromètre réalisé par OpinionWay en décembre, Moi-président conserve une cote très basse. Un résultat en contraste douloureux avec le « plébiscite » d’Angela Merkel mesuré par un sondage IFOP-JDD paru dans Le Journal Du Dimanche du 14 décembre, sous le titre ronflant « Les Français votent Merkel » en couverture.

Une popularité pour l’Allemagne qu’on n’imagine plus pour Hollande. Réalisée une semaine après sa réélection éclatante à la tête de la CDU, cette enquête indique que 72 % des Français ont une bonne opinion de la « chancelière de fer » et 73 % regrettent la virulence des critiques des politiques français envers l’Allemagne. Ils sont d’ailleurs 64 % à estimer que notre beau pays devrait « s’inspirer des réformes mises en place » par celle-ci. Un sondage qui fait écho aux réactions dans la classe politique face aux critiques de la chancelière envers les réformes jugées insuffisantes en France la semaine dernière. Le 7 décembre, Mélenchon s’était notamment élevé contre Angela Merkel avec classe et élégance sur Twitter en lui demandant – en allemand, s’il vous plaît – de “la fermer”. Il ne s’est pas encore exprimé au sujet de ce sondage, l’attente en est intolérable.

Ce succès de la chancelière dans l’Hexagone est toutefois à prendre avec des pincettes. L’enquête réalisée par la méthode des quotas se base sur un échantillon de 1.011 personnes pour 66 millions de Français, chiffre plutôt pingre. Par ailleurs, l’imprécision de certaines questions limite leur valeur : qu’est-ce qu’une bonne opinion ? Et à quel sujet ? Rôle politique, personne, actions ? Quant aux réformes évoquées, sont-elles économiques ? Sociales ? Les sondeurs savent bien que, selon la façon de poser les questions et les méthodes d’échantillonnage retenues, les résultats varient et les sondages restent souvent des instruments utiles pour faire passer l’idée qu’une opinion devient prégnante.

Cette enquête indique ensuite que 74 % des interviewés pensent que l’Allemagne a une influence trop forte sur la politique de l’Union européenne. Le sondage (avec ses limites) reflète ainsi plus une adhésion à « Mutti » qu’il ne s’étend à l’application de sa politique en France. Ceci rappelle un peu le syndrome NIMBY (Not In My Back Yard) qui souligne l’opposition d’un groupe à des mesures de bien commun qu’il soutient lorsqu’elles exigent un sacrifice de sa part (même si, dans ce cas précis, les avis divergent sur le modèle allemand).

Mais, finalement, on peut aussi se demander si ce plébiscite n’est pas suscité par contraste avec nos derniers présidents. Travailleuse acharnée, loin des ors de l’Élysée, Angela Merkel se distingue par sa sobriété – elle n’hésite pas, par exemple, à faire ses courses au supermarché comme tout un chacun et vit une relation discrète avec son second mari. Des qualités dont Normal Ier devrait s’inspirer…

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