Ce n’est pas l’arroseur arrosé mais ça y ressemble. Michel Platini, « Platoche » pour ceux qui ont vibré à la Coupe d’Europe des Nations de 1984 mais aussi à la Coupe du Monde de d’Espagne (1982) et du Mexique (1986) s’est voulu, à la tête de l’UEFA (Union européenne des associations de football), l’un des gardiens de la morale sportive. C’est sur un programme portant les valeurs de solidarité et d’universalité qu’il a été élu une première fois en mars 2007 avant d’être réélu en 2011 puis en mars 2015. A plusieurs reprises pendant ses huit dernières années, il a prôné et mis en place système fondé sur l’assainissement du football -avec le fair-play financier - et milité pour la lutte contre la corruption.

Mais voilà que le Chevalier Blanc du football, candidat à la présidence de la FIFA (Fédération internationale des associations de football) se retrouve sur le banc des accusés pour avoir accepté une enveloppe de près de deux millions d’euros, en 1998, en contrepartie d’un rapport à rendre à Sepp Blatter, président de la FIFA. Selon la justice helvétique où se situe le siège de la FIFA, il y a « soupçon de paiement déloyal ». Pour cette affaire, Michel Platini a été suspendu de toutes fonctions jusqu’au 5 janvier prochain et Sepp Blatter, lui aussi suspendu, risque dix ans de prison. Son passage devant le tribunal arbitral du Sport (TAS) qui a maintenu cette suspension n’y change rien.

Les questions qui viennent à l’esprit sont les suivantes : Michel Platini a-t-il à ce point été naïf en 1998 pour se prendre les pieds dans le tapis ? Est-ce parce qu’il a compris comment le système (mafieux ?) du fonctionnait, qu’il a décidé de le moraliser ? Est-il la victime expiatoire d’un système qui veut continuer ses petites magouilles sans qu’un "moralisateur" y fourre son nez ? Car faire resurgir (très opportunément) l’affaire de 1998 n’est pas anodin. De même, le fait qu’Andreas Bantel, porte-parole de la commission d'éthique de la Fifa, déclare avant même qu’il soit auditionné que « Michel Platini sera suspendu pour plusieurs années » relève non pas de l’intox’ mais révèle au contraire, le vrai visage de la magouille footballistique. Le message semble clair : il faut descendre le soldat Platini.

Pour l’ancien capitaine de l’équipe de France, l’enjeu n’est pas que juridique ou financier. Il est aussi moral et renvoie à son image. Cependant, qu’il gagne ou qu’il perde, l’ombre du soupçon restera toujours sur le personnage qui a été toujours plus à l’aise sur le terrain de foot que sur le terrain judiciaire médiatique et politique.

12 décembre 2015

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