Editoriaux - Histoire - Politique - Table - 2 décembre 2015

La planète est foutue ? Obama donne le feu vert pour polluer le cosmos

Le ventre plein du gueuleton que nous lui avons offert lundi soir à l’Ambroisie, le restaurant trois fois étoilé de la Place des Vosges, Barack Obama s’en est retourné en rigolant dans son pays.

« Quelle bande de crétins, ces Français ! Décidément, il n’y a pas plus naïfs ! » Voilà sans doute ce qu’il s’est dit tandis qu’il survolait l’Atlantique en songeant à la bonne farce à venir.

Car malgré ses promenades en bateau mouche sur les fjords de Norvège et ses déclarations la main sur le cœur, Barack Obama se fout bien de la COP21, de François Hollande et de la pollution de la planète Terre. Il s’en fout parce qu’il est déjà au delà, passé à l’étape suivante : en train de plancher sur l’exploitation/pollution du cosmos.

Gouverner c’est prévoir, alors si tout est fichu ici bas pour le business, on va aller voir là-haut si les rendements sont meilleurs.

Et notre prix Nobel de la Paix – la meilleure farce du siècle –, sachant sa fin de mandat prochaine, vient d’offrir à ses compatriotes un droit de propriété sur les astéroïdes, exactement “le droit d’acquérir toutes ses ressources exploitables”. C’est l’étape qui vient après la vente en parcelles de la Lune, laquelle arrive juste après l’explosion des pôles par les compagnies pétrolières et minières. On vous le répète, gouverner c’est prévoir. Loin, très loin même.

C’est le Market Business news qui a appris cette bonne nouvelle au monde, reprise ici par Slate.fr. Le Competitiveness Act-HR 2262 (c’est sa référence) a été signé par Barack Obama voilà deux semaines, juste avant qu’il reçoive ce niaiseux de Hollande et nous gratifie de sa personne à la COP21. Juste pour nous dire que les USA “ne veulent pas d’accord contraignant” sur le droit à polluer. À vrai dire on s’en doutait déjà.

Cette nouvelle loi américano-américaine signée par le président sortant révèle dans toute son ampleur le mépris de cette nation pour le reste du monde. A-t-il demandé aux autres ce qu’ils en pensaient ? Quid, en effet, de l’accord ratifié en 1967, et pour une fois signé par toutes les grandes puissances, établissant l’espace comme une « propriété universelle » ? (bien qu’en l’espèce la notion de propriété soit très discutable). “Primam partem tollo, quoniam nominor leo”, je prends la première part parce que je m’appelle lion… voilà depuis les origines la politique américaine.

Le fondateur de Planetary Resources, premier servi, s’est bien sûr réjoui de ce beau cadeau : “Ceci est la première grande reconnaissance des droits de propriété dans l’histoire. Ce projet de loi établit le même cadre légal qui a créé les grandes économies de l’histoire, et encourage le développement durable de l’espace.” Comprenez la possibilité de faire durablement du fric, que du fric, rien que du fric. Sans autre considération. D’ailleurs, les Républicains sont aux anges et le candidat à la primaire Marc Rubio s’est lui aussi félicité de cette grande avancée : “Partout dans notre économie, nous devons éliminer les règlements inutiles qui coûtent trop cher, et rendre plus facile la création d’emplois pour les innovateurs américains. […] Ce projet de loi est une victoire importante pour la côte spatiale de la Floride et pour toute la communauté spatiale.”

Laquelle, on l’a compris, est circonscrite aux États-Unis d’Amérique. Les autres sont juste là pour donner un coup de main et jouer les faire-valoir, le temps que l’oncle Sam mette le proche espace en coupe réglée comme il l’a fait pour la planète.

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