Le 21 juillet dernier, le sommet européen a « accouché dans la douleur » d’un plan de relance pour faire face aux conséquences désastreuses dues à l’impuissance de l’Union européenne pour gérer la crise sanitaire du Covid-19.

Sur les pénuries, l’absence de souveraineté industrielle, les manques en masques et en tests, le refus contre toute logique de fermer les frontières, l’impéritie des instances bruxelloises, tout a été dit, et tout est résumé dans le Livre noir de la gestion de la crise par l’Union européenne élaboré par la délégation française du groupe Identité et Démocratie.

Les remèdes à la crise apparaissent néanmoins pires que les causes qui l’ont produite. « Dieu se rit de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » La phrase de Bossuet résonne d’une triste actualité chez nos dirigeants européens.

La France est perdante et le sait. Mais, à l’inverse de ses camarades libéraux, son idéologie va plus loin que les chiffres : le voilà prêt à sacrifier une partie de l’économie française pour avancer un programme politique : celui du fédéralisme européen.

Nous ne pouvons que rappeler ici quelques considérations techniques : la France est censée recevoir 40 milliards des 750 prévus par le plan (quand l’ et l’Espagne en recevront plus de 100). Sur les 750 milliards, 390 seront des aides directes de la Commission aux États. La France étant contributrice du budget de la Commission à hauteur de 20 %, elle paiera mécaniquement 78 milliards de ces aides. Le financement de ces aides étant étalé jusqu’aux années 2050, ce sont environ 40 milliards de dettes en plus que les générations futures devront rembourser. Restent 360 milliards, empruntés sur les marchés, dont on ignore comment ils seront remboursés. Mais il faudra bien, là aussi, que la France prenne sa part. Il est donc raisonnable d’estimer que si la France touche 40 milliards de ce plan, elle devra y contribuer au minimum de 80 milliards, et sans doute bien plus.

Mais, au-delà de ces aspects techniques qui à eux seuls doivent nous inquiéter, le plan d’action fédéraliste est en marche. Cet accord a été qualifié d’historique. Et il l’est à bien des égards, tant il constitue un pas de géant vers le fédéralisme.

Pour la première fois, la Commission européenne emprunte en son nom propre, et sera responsable de l’attribution des fonds. C’est une nouvelle délégation de pouvoirs qui lui est concédée.

Les commissaires européens, Thierry Breton en tête, l’ont avoué : il faudra créer un impôt européen pour financer cette dette. On nous promet aujourd’hui que pas un impôt supplémentaire ne sera créé sur les fiches de paye de nos concitoyens. Mais qui peut parler pour les générations futures ?

La Commission pourra aussi conditionner le versement des aides à de nombreuses contreparties, budgétaires notamment, et reviendront sur la table la réforme des retraites et l’austérité.

De manière plus insidieuse, une autre condition s’ajoute au versement des aides : le respect de l’État de droit. Volontairement floue, cette terminologie inquiète : interdira-t-on les aides aux pays qui protègent leurs frontières. Interdira-t-on les aides aux pays qui refusent les dictatures des minorités ethniques ou sexuelles ? Interdira-t-on les aides aux pays condamnés par une Cour européenne des droits de l’homme à la solde de Soros ?

Derrières les chiffres aux montants exorbitants se cachent des indécences idéologiques et politiques. Alors que les morts de l’épidémie se comptent encore tous les jours, les technocrates libéraux déroulent leur programme politique sur les cadavres provoqués par leur idéologie.

L’Histoire jugera notre époque comme un recul avant le sursaut qui vient, et pour lequel nous travaillons.

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