“Le en est une dont il faut parler.” Catherine Coutelle a parlé. La présidente de la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances ouvre un colloque à l’Assemblée nationale, au lendemain de la Journée internationale de la femme. Son sujet ? “La place des femmes en politique : encore un effort !”

Quelques hommes, rares, parsèment l’Assemblée ; ils ne sont pas nombreux à s’être déplacés pour écouter les intervenants témoigner.

Le discours proposé ne leur rend pas hommage. “Lorsque je travaillais au sein d’un conseil régional, le président m’a présentée comme une “femme au charmant sourire” alors que les hommes y avaient été présentés pour leurs qualités politiques. Sexisme paternaliste… Quotidien en politique”, se plaint d’emblée Roselyne Bachelot. L’ancien ministre craint le pire : le combat pour la place de la femme politique est loin d’être terminé. Pire encore : nombreux sont les partis “extrêmes” qui usent des femmes “pour véhiculer des idées nauséabondes” !

Litanie de la menace de la montée du Front national coutumière : on déplore le grand nombre de votant.e.s (sic) à alimenter le parti. Sébastien Denaja explique doctement : la pauvreté touche particulièrement les femmes et, dans la , elles votent massivement pour ce parti. Après tout, seul le désespoir entraîne le vote Front national.

Hochements de tête tacites de part et d’autre : les femmes d’âge mûr, grosses lunettes sur le nez, mollement avachies dans les larges fauteuils de cuir de la salle Lamartine, approuvent. L’une d’entre elles prend la parole : “Toutes les femmes ont toujours perdu lorsqu’elles ont servi les théories nationalistes. Marion Maréchal-Le Pen n’hésitait pas à penser supprimer le Planning familial !”

Prête à bondir, cette réincarnation de Rosa Luxemburg s’égosille, plaide pour l’installation de “comités délibératifs” appliquant la parité. Là encore, on acquiesce courtoisement, avec un soupçon de condescendance pour cette militante de la première heure…

Rester sur le schéma ancien ? Un scandale ! S’ouvre l’éternelle ritournelle du combat de longue haleine pour la “liberté de la femme”. Car “c’est en se disant libres et légitimes partout que la femme avance”, indique vaillamment Nicole Ameline. Et le membre du Comité pour l’élimination des discriminations à l’égard des femmes des Nations unies d’assener : “Les stéréotypes sont une injonction sociale ; ceux-ci résistent à la réalité politique.” Fichu ordre naturel, qui résiste à une élaboration factice de la initiée par un noyau élitiste.

C’est au terme du témoignage de Véronique Massonneau que le colloque prendra fin. Le député écologiste est amer : “J’ai l’impression qu’il y a une régression : les générations de femmes plus jeunes n’ont pas la même hargne que nous…”

Les titres ronflants, les hauts conseils missionnés, les colloques jargonneux n’auraient-ils qu’une efficacité limitée ?

9 mars 2016

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