avait anticipé les mauvais résultats de l’enquête PISA de cette année. Et effectivement, dans ce domaine aussi, la courbe ne s’est pas inversée. Depuis 2000, cette enquête internationale évalue le niveau des élèves de 15 ans dans différents domaines (compréhension de l’écrit, mathématiques, sciences). Depuis 2000, les résultats des Français baissent. Cette année encore, nous perdons deux places pour nous retrouver sous la moyenne. Cette baisse est particulièrement marquée en mathématiques, rendant problématique l’avenir de cette discipline dans laquelle la France excelle encore aujourd’hui.

Ce qui est particulièrement signifiant pour notre pays, c’est que les inégalités se creusent : entre les meilleurs élèves, qui restent excellents, et les moins bons, mais aussi, peut-être surtout, entre les classes sociales favorisées et les défavorisées. Comment expliquer ce fait ?

Depuis des décennies, les différentes réformes ont toutes eu comme objectif de réduire les inégalités en nivelant par le bas. Mais le savoir reste exigeant. La culture demande, pour qu’elle soit autre chose qu’un simple vernis, de vraies connaissances, de vrais savoirs. Si l’école ne transmet plus ces connaissances, seuls ceux qui les recevront de leur pourront les maîtriser. Renforçant ainsi les inégalités sociales que les réformateurs prétendaient réduire. Il est quand même paradoxal que les inégalités scolaires se soient renforcées depuis que Bourdieu les a dénoncées.

Nous ne pouvons qu’être d’accord avec Vincent Peillon : la dégringolade du niveau des élèves demande une refondation de l’école. Mais il est à craindre que sa refondation ne soit qu’une continuation des réformes pédagogistes précédentes. À preuve, il remet en cause les programmes de l’école primaire de 2008 qui, s’ils n’étaient pas parfaits, recentraient les apprentissages sur les fondamentaux. Il projette de rapprocher le CM2 et la 6e, ouvrant la voie à une primarisation du collège.

Une véritable refondation serait de revenir à un enseignement rigoureux, systématique de savoirs solides à tous les niveaux. Les fondamentaux, lire, écrire, compter et calculer au primaire ; des connaissances reconnues et solides au collège dans les matières scientifiques et littéraires essentielles à une culture humaniste ; un approfondissement et une appropriation des ces savoirs pour accéder à une pensée autonome au lycée. En abandonnant les gadgets pédagogistes coûteux et inefficaces que les professeurs comme les élèves regardent comme une perte de temps.

On pourrait alors espérer une inversion de la courbe et rattraper les niveaux des premiers du classement PISA, comme la Corée du Sud, le Japon, la Suisse, heureux pays où les pédagogues ne font pas la loi.

4 décembre 2013

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