Culture - Editoriaux - Religion - 9 février 2016

Piquemal, Barjot, Le Pen : l’échec de la France réactionnaire ?

La révolution n’aura pas eu lieu, ni le 6 février à Calais, ni le 8 février à Boulogne-sur-Mer.

Non, les 200 courageux manifestants, avec à leur tête un général, n’ont pas réussi à convaincre les forces de police et de gendarmerie de marcher avec eux afin de nettoyer la jungle de Calais. Pis encore : ce furent, à la place, les coups de matraque, de gazeuse et les arrestations pour participation à une manifestation interdite.

Non, le général Piquemal n’a pas été libéré – comme certains naïfs semblaient le croire ou l’espérer fortement – par une troupe de légionnaires et de paras français ayant décidé de faire dissidence et de marcher sur le tribunal de Boulogne-sur-Mer, ce lundi.

Cette espérance, ils ont pourtant été très brièvement des dizaines de milliers en France, sur les réseaux sociaux, à la porter, afin de vaincre l’État sur le terrain des valeurs identitaires et culturelles…

Ils furent des centaines de milliers, des millions, plus longuement, à vouloir « ne rien lâcher » en 2013, durant les Manifs pour tous. Avec, cette fois, l’espérance de vaincre le gouvernement sur le plan des valeurs sociétales…

Ils sont des millions, à chaque élection, à espérer encore et encore, en déposant un bulletin de vote Marine Le Pen/Front national, un « redressement de la France éternelle » et un retour « de l’ordre et de la stabilité ».

Chaque fois, ils en appellent à la République, à la police, à l’armée, à la religion, à l’État, à la Révolution française et à son drapeau bleu blanc rouge… c’est-à-dire, en réalité, à tous les symboles qui, petit à petit, nous ont amenés aujourd’hui à cet état de décadence généralisée, de désorganisation, d’effondrement de civilisation.

Ils en appellent à ces institutions qui, pourtant, les détestent, les répriment, les interdisent, les condamnent et, demain, n’hésiteront pas à les éliminer si cela allait trop loin.

Ils en appellent à des institutions usées et périmées…

Les réactionnaires sont prisonniers de l’ordre historique (« La police, avec nous ! »), tout comme la gauche antifasciste est prisonnière de l’ordre moral (« À mort, les fachos ! »). Ils rendent aujourd’hui, les uns comme les autres, toute révolution impossible.

Seule une jeunesse libérée de ces dogmes, de ces institutions et de ces idéologies pourra fabriquer un monde nouveau, demain.

Il est temps de puiser dans nos racines et dans nos traditions le génie créatif et la volonté nécessaire pour construire ce monde, pour nos enfants, pour que notre civilisation renaisse…

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