Philippe Verdier, nouvelle victime de la doxa réchauffiste ?

Philippe Verdier, chef du service météo et présentateur météo sur France 2, vient de publier un livre dont le titre est Climat Investigation. Je ne l’ai pas encore lu, mais le bruit qui accompagne la sortie de ce livre me semble mériter à lui seul quelques commentaires.

Le 2 octobre, sur RMC et BFM TV, aux “Grandes Gueules”, il donne déjà les grandes lignes du livre : les conclusions du GIEC sont ultra-politisées, il y a décorrélation entre ce qu’on dit et la réalité. Il nous dit otages d’un scandale planétaire sur le réchauffement climatique. Dans une lettre ouverte à François Hollande, disponible sur le site du Point, il met en cause le comportement et l’honnêteté du Président sur le problème du climat.

Et il raconte que l’ensemble des présentateurs météo ont été convoqués au Quai d’Orsay il y a plus d’un an, à cinq cents jours de la COP21, pour s’entendre demander de parler du changement de climat dans leurs journaux, et se voir suggérer quelques éléments de langage : “Ne parlez plus de réchauffement ni de changement climatique, parlez de chaos climatique.” Il est vrai que la situation internationale est calme, il est bon que notre ministre des Affaires étrangères trouve à s’occuper ailleurs.

Interrogée à ce sujet, Nathalie Kosciusko-Morizet traite les “climato-sceptiques” de “connards”, en reconnaissant ne pas avoir lu le livre. La classe, quoi ! Elle n’a sans doute pas lu non plus celui de Philippe de Larminat, celui de François Gervais, ni aucun de ceux qui ne vont pas dans le sens des conclusions du GIEC. Comme Alain Juppé n’a pas lu le Coran, et comme tant d’autres politiques n’ont pas lu grand-chose d’autre que les sondages et les fiches d’éléments de langage.

Puis ce matin, 10 octobre, la pression monte d’un cran. Dans “Le grand direct des médias”, Jean-Marc Morandini évoque la “disparition” du señor météo de la 2 : non seulement il ne présente plus la météo, mais il n’est plus joignable, France 2 prétend qu’il est en vacances, son éditeur dit qu’il est impossible de le contacter.

Si c’est un coup médiatique pour attirer l’attention sur son livre, c’est réussi : être totalement absent pendant la promo de son livre après avoir mis en ligne des messages promotionnels, c’est une façon de faire parler de soi.

Ou alors, il a de vrais soucis avec son employeur. Et l’un n’exclut pas du tout l’autre.

S’il y avait une leçon à en tirer, c’est que les scientifiques ne sont écoutés que pour autant que les journalistes veulent bien leur donner la parole, alors que la parole des journalistes porte, et qu’ils n’hésitent pas à se faire la courte échelle en cas de besoin. Philippe Verdier sera-t-il journaliste encore longtemps, ou sera-t-il victime de la doxa réchauffiste ?

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