C'est le moment ou jamais. À quinze mois de la présidentielle, alors que les candidatures qui nous sont annoncées (Hollande, Sarkozy, Juppé, Fillon, Le Pen) sentent le déjà-vu et suscitent le scepticisme, alors que les électeurs de droite, majoritaires, sont pris en otage entre des primaires qui ne masquent même plus un manque flagrant de dynamisme et de conviction(s) et le monolithisme voué à l'échec du Front national, ce trou d'air actuel doit être mis à profit pour que s'organisent des états généraux de la droite d'en bas.

Ouverts à tous, du centre au Front national, aux hommes libres, de plus en plus nombreux, qui partagent, quelles que soient leurs nuances, une "certaine idée de la France". À tous ceux qui ne se résignent plus aux jeux d'appareil, ceux de LR ou du FN. Il ne s'agit pas de créer un nouveau parti, mais un vaste rassemblement, qui laissera chacun libre de continuer à être adhérent à son parti s'il en avait un, mais qui manifestera par cette démarche sa liberté, son patriotisme, son attachement aux valeurs fondamentales de la droite.

Pour les patriotes, les gaullistes, le congrès national de LR laisse un goût amer. Maxime Tandonnet a raison de regretter, dans Le Figaro, la disparition quasi définitive dans ce parti de la "ligne Séguin", alors que ses prophéties sur l'échec de l'Europe de Mastricht se réalisent tous les jours sous nos regards impuissants.

"L'Europe des États, écrit-il, telle que la voulaient de Gaulle et Séguin s'impose aujourd'hui comme une nécessité vitale pour le continent. Or, bien au contraire, ce dernier s'enfonce dans la désintégration tout en s'abandonnant à la bureaucratie bruxelloise, la prolifération des règlements et des jurisprudences. Qui en parle ? Personne parmi les candidats aux primaires."

Henri Guaino aussi peut justement déplorer l'absence de "la fibre gaulliste" parmi les candidats à la primaire, dont le nombre commence à susciter la risée…

Pire : on nous dit que M. Juppé se laisse porter par sa popularité en espérant "tuer le match avant le match" dans un parti où M. Sarkozy est tiré vers le bas par son décrochage dans les sondages et ses ennuis judiciaires.

Dans ces conditions, plus que vers la primaire, le peuple de droite se tournera bien davantage vers un grand mouvement de droite transpartisan, autour de Nicolas Dupont-Aignan, de Philippe de Villiers, de Robert Ménard, des cadres de la Manif pour tous et de bien d'autres. Ce noyau dur, c'est déjà beaucoup, et il peut faire beaucoup plus.

On ne peut pas déplorer soir et matin la sclérose et le vide des appareils politiques tout en se gardant de tenter une initiative sous prétexte qu'elle est vouée à l'échec du fait de l'inertie et du poids de ces partis.

Au pire, cette initiative obligera les appareils inquiets à intégrer vraiment ces convictions et ces hommes. Elle pourrait même propulser son candidat au milieu de la primaire trop savamment cadenassée par MM. Juppé, Sarkozy et Fillon. Au mieux, elle sera le début de la grande aventure du redressement. Dans tous les cas, elle est indispensable.

Le feu couve, les attentes sont là, les volontés sont prêtes, il ne reste plus qu'à quelques hommes libres et courageux de rallumer la flamme.

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16 février 2016

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