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Editoriaux - Histoire - Internet - Justice - Médias - Politique - 26 janvier 2016

Personnes âgées : l’indifférence coupable des politiques

L’histoire se passe dans un établissement qui accueille des personnes âgées dépendantes, aussi dit EHPAD. Trois adolescentes se présentent aux portes de l’établissement pour commencer leur stage pratique en vue de devenir auxiliaires de vie. Jusque-là, tout va bien. Mais à peine quelques heures plus tard, elles humilient trois résidents atteints d’Alzheimer. Photos, vidéos puis insultes, tapes. Tout sera visible sur Internet quelques instants après.

Ce petit billet ne concerne pas ces trois idiotes, dont j’espère que la justice s’occupera comme il le faut. Non, ce petit billet sera davantage un coup de gueule contre les médias mais surtout, oui surtout, contre les politiques qui laissent nos anciens crever dans l’indifférence.

Car quand on en vient à penser que, au moins avec ce scandale, on parlera des conditions de vie des personnes âgées, c’est bien qu’il y a un problème. En effet, si un quelconque intérêt était porté à ces personnes – qui, n’en déplaise à certains, restent des personnes humaines dont la dignité devrait être sauvegardée -, cela ferait bien longtemps qu’une bonne partie des EHPAD seraient fermés ou au moins recadrés.

Il n’est pas rare, au détour d’une conversation avec l’employé d’un de ces établissements, d’entendre des histoires faisant froid dans le dos. Allant du manque de personnel jusqu’aux soins prodigués par des personnes qui n’en ont pas l’autorisation en passant par, au mieux, les humiliations et les remarques et, au pire, carrément la perte d’un patient – parfois gravement malade – pendant plusieurs heures à cause de négligences.

On en vient alors à se demander : « Mais pourquoi rien n’est fait ? » Puis on devient moins naïf et on se rend compte que ces personnes ne votent pas. Parfois malades – physiquement ou mentalement – et souvent abandonnées, elles ne sont plus en état de réclamer. Dans une grande dignité, elles se contentent de prendre. Prendre ce qu’on leur donne. Sans rien demander de plus. Alors, on les oublie. Elles ne font pas partie des meubles, elles SONT les meubles. Elles ne représentent plus rien. À force d’être sans voix, elles ne donnent plus la leur.

Dans un sens, nos personnes âgées sont dans le même cas que nos dizaines d’agriculteurs qui ont mené leurs dernières revendications au bout d’une corde. Beaucoup préfèrent partir dans le silence, par honte de déranger et la crainte d’être encore ignorées.

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