L’affaire des enregistrements de Nicolas Sarkozy & co par Patrick Buisson : encore un mauvais coup porté à la politique en France ?

Je me sens une certaine proximité politique avec Patrick Buisson et n’éprouve pas la moindre sympathie, politique ou autre, pour Nicolas Sarkozy. Ce qui a été enregistré ne me surprend pas du tout, cela correspond tout à fait à l’idée que je me fais de l’ancien président, de son milieu et de sa weltanschauung. Il reste qu’en l’occurrence c’est lui la victime, et d’un procédé qui suffit pour juger un homme. Enregistrer à leur insu des gens qui vous font confiance, ce sont des méthodes de voyou.

Depuis, une autre affaire a éclaté : celle des écoutes téléphoniques depuis presque un an entre Nicolas Sarkozy et son avocat, Me Herzog. Le gouvernement affirme n’en avoir rien su mais semble craindre aujourd’hui un effet boomerang qui pourrait affecter PS et UMP à 15 jours des élections municipales. Qu’en pensez-vous ?

Puisse le gouvernement avoir raison, pour une fois…

Faites-vous partie de ceux qui, tel Philippe Bilger, pensent que l’affaire du Mur des cons a jeté une suspicion durable sur la justice et les magistrats chargés d’instruire l’affaire ?

Non, je fais partie de ceux pour lesquels la suspicion (le mot est un peu faible…) est bien antérieure à cette affaire, qui n’a fait que la confirmer, l’aggraver. Je fais partie de ceux qui ne se consolent pas de voir que la justice, comme l’école et l’université, a jeté par-dessus les moulins sa vieille exigence de neutralité, d’objectivité, de formalisme. Mais, paradoxalement, et comme j’ai déjà eu l’honneur de le rapporter à vos lecteurs, la seule fois de ma vie où j’ai eu l’occasion d’avoir personnellement affaire à la justice, le mois dernier, devant la XVIIe Chambre, j’ai trouvé — et cela sans préjuger en aucune façon de l’issue de mon procès — qu’elle se parait, en l’occurrence, d’un beau formalisme, d’une ferme courtoisie, qui faisaient honneur, sinon à ses traditions, du moins à ses idéaux. Peut-être en va-t-il là comme pour notre patrie, pour notre culture et pour notre civilisation : malgré les apparences, tout n’est pas encore tout à fait perdu.

Vous participiez dimanche dernier à la manifestation qui réclamait un référendum sur l’immigration en France. Pas franchement un succès en terme de nombre de manifestants. Pourquoi selon vous ?

C’était précisément le sujet de ma petite allocution, dont j’ai, hélas, avalé la moitié suivant ma mauvaise habitude : “N’ayez pas honte !”. Quand on parle à la plupart de nos concitoyens, on se rend compte assez vite, après quelques minutes de mise en confiance, qu’en fait ils partagent largement nos préoccupations, notamment la principale, le changement de peuple et de civilisation, le Grand Remplacement. Seulement ils n’osent pas le dire, ils n’ont pas le courage de le manifester, ils n’ont pas la force d’en croire leurs yeux et de mettre des mots sur leur expérience, sur leurs convictions profondes et sur leur immense chagrin, celui de voir se finir si bêtement, si tristement notre histoire, notre civilisation, la longue expérience unique qui fut celle de notre pays. Personne n’a plaisir, surtout quand on est totalement étranger à ces milieux, quand on n’encourt en rien ces insultes, à se faire traiter de fasciste, de nazi, de raciste, ou seulement de réactionnaire — encore que ce dernier terme ne me gêne pas, personnellement : face au désastre qui survient, je trouve plus digne de réagir, de se révolter, de dire NON, que de rester là les bras ballants en attendant que d’autres se brûlent les ailes. Les Français sont capables de descendre dans la rue par centaines de milliers pour s’opposer au mariage gay, mais pas pour se dresser contre la liquidation de la France. Il faut les convaincre que la morale est de notre côté parce que la vérité est dans notre camp. Nous ne vaincrons pas parce que nous sommes les plus forts, nous vaincrons parce que nous sommes les plus vrais (et même les seuls).

11 mars 2014

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