Si je ne vous dis pas tout, vous allez secouer une tête sceptique en vissant votre index sur la tempe : c’est quoi ce truc de fou ? Un hoax, un canular, une blague de mauvais goût, un coup monté, de l’intox ?

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Remontons donc au début : la lettre que Monsieur Peillon a adressée le 4 janvier dernier à tous les recteurs de France, fâché tout rouge contre les établissements catholiques qui avaient c’te culot de vouloir ouvrir un débat sur le mariage pour tous.

Dans ce courrier grave et solennel qui se présente comme un appel à la « vigilance » contre « les phénomènes de rejet et les stigmatisations homophobes », Peillon rappelle que le gouvernement s’est engagé à « s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités », et il recommande aux recteurs, — outre de dénoncer les « initiatives contraire à ces principes » —, de « favoriser les interventions en milieu scolaire des associations qui luttent contre les préjugés homophobes (…)». Il « invite également à relayer avec la plus grande énergie au début d’année, la campagne de communication relative à la “ligne azur”, ligne d’écoute pour les jeunes en questionnement à l’égard de leur orientation ou leur identité sexuelles ».

C’est gentil tout plein, ça, d’écouter les jeunes « en questionnement ». Sauf que la ligne azur « identité, orientation, et identité sexuelle » ne se contente pas d’écouter, elle fait voir aussi du pays, et pas vraiment la ligne bleue des Vosges.

Dans la rubrique « p’tit dico », on en apprend, par exemple, un rayon sur le cisgenre, l’intersexualité, la pansexualité… dans celle « Prendre soin de moi », on découvre, entre autres choses, la différence essentielle entre sexe social, sexe biologique, état civil et identité de . Mais tout cela reste encore assez light, le feu d’artifice reste à venir.

Dans la barre de menu de cette ligne azur, se trouve un onglet « SIS association ». Celui-ci propose ce qu’il appelle des « outils de com » : Il y un panel de cartes postales dites humoristiques à côté desquelles Charlie Hebdo fait figure de bulletin paroissial, mais aussi et surtout un guide pratique intitulé « Tomber la culotte » (sic). « Projet financé par l’Inpes,coordonné par Sida Info Service et le Kiosque Info Sida, en partenariat avec de nombreuses associations et artistes », il se présente comme un « coup de pouce pour s’amuser, s’affirmer, et prendre soin de soi » à destination « des lesbiennes, bies et autres curieuses », mais est en réalité un catalogue promotionnel trash, voyeur et minutieux de l’univers sexuel et revendicatif des lesbiennes.

Faisons un arrêt sur image. Quittons un instant la spirale délirante dans laquelle nous sommes embarqués depuis des semaines, et gardons la tête froide deux minutes : un soir, au retour du collège, l’une de vos filles vous confie que l’un de ses professeurs vient de lui remettre un petit bouquin intitulé « Tomber la culotte ». Vous feuilletez le livre et y découvrez des dessins cochons, des photos pornographiques de femmes ayant en effet tombé la culotte ou le reste dans diverses postures, et un exposé sur les diverses positions, organes, excitations, sécrétions, et pratiques sexuelles (y compris sado-maso), sans parler des sex toys, godemichés et autres fonds de stocks de sex-shops…

Vous faites quoi ? Ce que ferait n’importe quel parent responsable. Vous alertez immédiatement le directeur de l’école, dites au passage à la préposée en jaune qui fait traverser les enfants de l’école maternelle voisine de faire gaffe, que des individus louches avec des impers et des bonbons risquent bien de traîner dans le coin, et allez porter plainte sans plus attendre au commissariat de police le plus proche pour comportement à caractère pédophile et incitation à la débauche.

Sauf que là, pardon, cela n’a rien à voir : ce n’est pas de la perversité sexuelle à caractère pédophile, c’est une façon de « s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités ». Ben voilà, tout de suite on voit les choses différemment. Et le prof zélé, loin d’être inquiété, recevra sans doute, rougissant et la mine modeste, le satisfecit du ministre ?

Il fut un temps où l’on déplorait que les profs soient toujours en grève. On va finir par regretter à présent qu’ils ne le soient pas plus souvent.

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